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mis le 18/12/2001


Ce texte est la mise par écrit d'un message donné oralement par Henri VIAUD-MURAT, message qui a été enregistré sur cassette audio. Afin de garder la spontanéité de ce qui a été donné, la mise par écrit a été faite en conservant l'intégralité de l'enregistrement oral, sauf quelques modifications mineures qui étaient nécessaires à la compréhension du texte écrit.



Mon église est-elle conforme à la Parole de Dieu ?

Les églises locales. Les groupes de maison. Les anciens et les diacres. Les ministères de conduite spirituelle.



(message n°2)

 

Ce message fait partie d'une série de 4 messages (références C121 à C124). Il est le deuxième de la série.

 

 

Suite du message C121 :

 

Nous avons commencé une série d'études sur l'Eglise selon le modèle de la Parole du Seigneur. C'est un sujet très vaste qui touche à ce que le Seigneur a prévu, quand il est venu sur terre, pour se faire un peuple qui lui appartienne. Nous savons que, quand nous serons tous là-haut dans le ciel, nous serons dans la perfection. Il n'y aura plus de pleurs, de larmes. Le Seigneur essuiera toutes les imperfections, les péchés. Mais, tant que nous sommes sur cette terre, le Seigneur travaille par son Esprit et par sa Parole pour nous rapprocher constamment de ce qu'il a prévu dans son cœur. Il nous a laissé sa Parole et il nous laisse la responsabilité de plonger dans sa Parole, de demander l'aide de son Esprit pour dire : "Seigneur, tu as un modèle pour ton Eglise, tu l'aimes tellement que tu l'as rachetée par ton sang". Donc le Seigneur ne se désintéresse pas du tout de la manière dont l'Eglise fonctionne. Au contraire, c'est un souci permanent pour lui, surtout dans ces temps de la fin où il y a tant de choses qui ne vont pas comme le Seigneur le voudrait. Mais les brebis du Seigneur entendront sa voix. C'est une promesse que, constamment, nous pouvons garder dans notre cœur, même si, de temps en temps, nous faisons des faux-pas. Si nous sommes vraiment une brebis du Seigneur, le Saint-Esprit va nous parler, va nous ramener dans la vérité, parce que c'est son œuvre dans nos cœurs. Alors, avant de résumer très rapidement ce que j'ai dit la dernière fois, je voudrais simplement lire un verset dans Matthieu 11. C'est le Seigneur qui parle. Il parle à tous :

 

Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos.

 

Ca ne vous arrive jamais d'être fatigué et chargé ? Fatigué de voir ce qui se passe dans ce monde, fatigué de voir le péché grandir, fatigué de voir l'état de l'Eglise ? Nous avons la solution qui nous est donnée par le Seigneur. Il dit : "Venez à moi". Il ne dit pas : "Venez à un groupe, une Eglise, une dénomination, une personne", mais : "Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos".

 

Le repos de Jésus est un repos du cœur. Et au milieu de la tempête, il peut être là et nous donner un parfait repos en lui. Donc, tout le travail du Seigneur Jésus dans l'Eglise, c'est de nous appeler à nous approcher constamment et toujours plus de lui, pour qu'il nous donne ce repos céleste qui peut remplir nos cœurs et qui peut nous remplir de la vie de Jésus pour continuer à travailler dans ce monde de ténèbres. On a besoin du repos de Jésus, d'un cœur en paix. Combien de fois le Seigneur a dit à ses disciples :

 

Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes.

 

Quiconque s'est approché du Seigneur Jésus n'a pu manquer de remarquer combien il était doux et humble. L'humilité va toujours avec la douceur. Le cœur du Seigneur Jésus est rempli de fermeté et de force, mais aussi de douceur et d'humilité. Et il veut nous donner cette douceur et cette humilité. Et vous remarquez comment il le dit : "Recevez mes instructions". Ça veut dire : "Recevez mon enseignement". Si nous retournons à la Parole du Seigneur, enseignée par le Seigneur Jésus, avec l'aide de son Esprit, nous allons pénétrer plus loin dans le cœur de Jésus. Il va remettre les choses en place. Quand il parle de l'Eglise, il parle de choses qu'il voudrait faire dans l'Eglise et un modèle qu'il nous a donné pour que justement la présence de Jésus soit plus grande. Le Seigneur n'a pas donné un modèle pour l'Eglise, simplement pour voir les choses bien marcher. Il a donné un modèle pour l'Eglise pour que nous recevions de lui son caractère et sa nature. Donc, quand l'Eglise est en dehors du plan du Seigneur, le Seigneur se retire, il ne dirige pas les choses. S'il ne dirige pas, on a du mal à recevoir ses instructions, à être dans la paix. On peut être dans la paix, quand le Seigneur règne vraiment et quand il dirige toutes choses. Quand nous avons consacré nos cœurs et nos vies entièrement au Seigneur, pour faire sa volonté, la paix du Seigneur rentre.

 

Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos (30). Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes.

 

Quand le Seigneur parle d'une organisation de l'Eglise, d'un fonctionnement de l'Eglise, jamais il a l'idée de mettre un joug sur son peuple de mettre quelque chose de pesant. Toute organisation humaine est un joug pesant. Il y a des commandements ; il faut les respecter. Il y a une hiérarchie, une organisation. Il faut que tous les rouages soient à leur place. Dans l'organisation du Seigneur, ce n'est pas du tout cela. C'est la vie du Seigneur qui coule et c'est lui qui fait son œuvre en nous. Si nous sommes à l'écoute de ses instructions, la vie du Saint-Esprit en nous va amener les choses à leur place et nous aurons le repos.

 

La dernière fois, j'ai simplement développé cette pensée que, pour le Seigneur, son Eglise est simplement son troupeau de brebis qu'il a rachetées par son sang et à qui il a donné la nouvelle naissance, par la foi en lui. Sans nouvelle naissance, il n'y a rien de bon, il n'y a pas d'Eglise, il n'y a pas de participation à l'Eglise. Donc ce qui compte, au départ c'est : est-ce que tu es né de nouveau ? Une fois que tu es né de nouveau, tu rentres dans le corps de Christ, dans l'Eglise du Seigneur dont il est le chef et la tête. Cette Eglise est composée, sur la terre entière, de tous ceux qui ont donné leur cœur au Seigneur Jésus. Pour Jésus, il n'y a qu'un seul corps, un seul troupeau. Il n'est pas divisé en 36 dénominations. C'est sa prière avant de remonter au ciel et avant de passer par la croix ; Il a dit :

 

afin que tous soient un

 

Donc, dans le cœur du Seigneur Jésus, puisqu'il a réalisé son sacrifice pour tous, il veut que nous formions un seul troupeau, dirigé par un seul berger, lui-même. C'est l'Eglise universelle de Jésus. Elle est partout, dans la terre entière, dans toute race, toute nation, toute langue. On peut donc aller en Chine, au Japon ou ailleurs : partout où l'on trouvera un véritable enfant de Dieu, on est dans la famille du Seigneur. Mais, le Seigneur veut que ce troupeau vive une vie d'église là où il est, là où il habite, et le Seigneur a prévu dans sa Parole que le seul critère de rassemblement de ses enfants, c'est le critère de localité. On choisit ses amis, on ne choisit pas sa famille. On choisit la dénomination dans laquelle on voudrait bien entrer, parce qu'on est d'accord doctrinalement, mais on ne choisit pas les frères et sœurs qui habitent autour de nous. Ils sont placés par le Seigneur là où ils sont et ils sont à côté de nous. Il faut que cela soit clair dans nos pensées. Dans l'application du principe biblique, après, on se laisse guider par le Seigneur. Mais déjà, si l'on comprend que le Seigneur veut réunir les chrétiens qui habitent dans un même lieu, pour qu'ils vivent une église de famille, on a compris quelque chose de fondamental.

Et c'est tout à fait à côté de ce qui se passe aujourd'hui. Aujourd'hui, on se réunit sur la base des doctrines, des affinités, on suit un homme ou une dénomination. Mais, le fait de se réunir simplement avec les frères et sœurs qui habitent autour de nous, c'est pratiquement perdu de vue. La seule chose qui compte, c'est : est-ce que ces frères et ces sœurs sont passés par une nouvelle naissance et est-ce qu'ils ont l'amour de la vérité ? Est-ce qu'ils préfèrent l'amour de la vérité, c'est-à-dire la Parole du Seigneur et lui-même à tout ce qu'on a pu leur enseigner comme doctrine dans leur église, leur mouvement ou leur dénomination, s'ils sortent de ces dénominations-là. Si c'est quelqu'un qui vient du paganisme et qui n'a jamais entendu parler de Jésus, c'est beaucoup plus simple.

Donc le Seigneur veut réunir, dans une vie d'église familiale, des chrétiens qui habitent dans la même localité ou dans un coin donné à des distances humaines les uns des autres. Et on avait vu les raisons essentielles. C'étaient des raisons d'abord de vie d'église de famille :

 

Ils persévéraient dans l'enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières.

 

Et, pour pouvoir le faire de manière convenable, comme le Seigneur le veut, il faut que nous ne soyons pas trop loin les uns des autres, que l'on puisse se voir facilement, répondre à un appel, aller voir, en 5 ou 10 minutes, à pied ou en vélo, un frère ou une sœur qui en a besoin, ou prier avec lui, nous voir, partager comme on le ferait dans une famille. On ne peut le faire que si on n'est pas très loin les uns des autres. Et puis, aussi, pour une deuxième raison qui est importante : c'est le témoignage vis-à-vis de notre environnement. Combien de fois j'entends des chrétiens dire : "J'habite à Nîmes et je vais à l'église de Lunel ou de Codognan. Et, si je témoigne dans mon quartier, je ne sais pas où amener les gens, où les envoyer. Ils ne veulent pas faire 20 kilomètres. Et je suis coincé s'ils me demandent : "Pourquoi, toi qui habites Nîmes, tu ne vas pas dans un groupe à Nîmes ? Pourquoi tu prends la peine de faire 10 ou 20 kilomètres ? é. Et alors, on est coincé au niveau du témoignage, alors que, si nous vivons une vie d'église de quartier, de village ou de ville, et que cette vie est vivante, notre témoignage vis-à-vis des autres qui nous entourent peut immédiatement déboucher sur une invitation locale, sur quelque chose de suivi. Ils voient la vie de famille que nous pouvons vivre dans le Seigneur. Et c'est beaucoup plus efficace pour l'évangélisation.

Je dirai que les 9 dixièmes de l'évangélisation se font par contact personnel. On peut faire une grande campagne, bien sûr, mais le plus efficace, c'est le contact personnel que l'on peut avoir avec des gens qui ne sont pas très loin. J'étais dans des assemblées où il y avait des réunions d'évangélisation une fois par semaine ; Mais, c'étaient toujours des chrétiens, les mêmes : jamais un inconverti qui se présentait. Alors le pasteur faisait un beau message d'évangélisation, mais c'était pour des chrétiens. Tandis que, dans un contact avec le voisin ou chez le boucher, le boulanger, on se revoit et on peut les amener au Seigneur plus facilement.

On ne choisit pas ses frères et ses sœurs, et, dans l'église, aujourd'hui, les chrétiens se regroupent souvent par race, par classe sociale, par nation, par langue, par origine géographique ou autre ; Ce n'est pas du tout ce que le Seigneur voudrait. C'est comme cela que vous avez des églises de gitans, de juifs convertis, de vietnamiens en France, de darbistes ou de pentecôtistes, regroupés dans un coin par affinité personnelle, alors que le Seigneur veut que jeunes et vieux, noirs et blancs, anciens juifs, anciens païens forment la famille de Christ comme on sera au ciel. Et là, on peut vivre quelque chose de vraiment intéressant, parce que, en se frottant les uns aux autres, avec des gens que l'on n'a pas choisis, le Seigneur peut faire vraiment un travail profond dans nos vies.

Si on a compris ce principe que le Seigneur a dans son cœur, à ce moment-là on peut dire : "Seigneur, dirige-moi par ton Esprit et ta sagesse, pour me trouver dans ton plan". Une fois que l'on reçois la Parole de Dieu, c'est toujours pour être changé. Si je reçois la Parole en disant : "C'est formidable" et si l'on continue à vivre comme avant, cela ne va pas. On ne l'a pas vraiment écoutée avec le cœur. Mais on va demander au Seigneur qu'il nous guide par son Esprit. C'est toujours la vie du Seigneur, ce n'est pas un ensemble de règles : maintenant on va organiser l'église locale, le groupe de maison ou le groupe de quartier. On dit : "Seigneur, maintenant tu nous guides par ton Esprit. On laisse ta vie agir".

 

Alors, quelque chose qui est important aussi : c'est que les chrétiens du modèle de la Bible, du début, se réunissaient dans des maisons ; Alors, ils auraient pu faire autrement, parce qu'on l'a vu : à Jérusalem, 3 000 personnes se convertirent le jour de la Pentecôte. Quelques jours après, leur nombre s'élevait à 5 000 hommes. Donc, ça faisait entre 15 000 et 20 000 personnes en tout avec les femmes et les enfants. Ils auraient pu organiser de manière humaine, en se disant : "Quelle belle moisson ! Il va falloir des locaux, il va falloir organiser cela, et puis, on va réunir de l'argent suffisamment pour faire un grand bâtiment, une belle cathédrale, comme on en voit dans beaucoup de villes où l'on considère comme une grande bénédiction le fait de grossir continuellement les bâtiments. Dans tout le Nouveau Testament, vous ne voyez aucun souci pour la question de bâtiments. Ce n'est venu que 100, 200 ou 300 ans après, quand l'Esprit du Seigneur était parti. Quand les hommes veulent organiser quelque chose à leur manière, ils voient les choses en grand. Qu'est-ce que cela a, comme importance vis-à-vis des hommes, un petit groupe de maison de 20 à 30 personnes, devant le monde ? C'est ridicule. Cela ne frappe pas le regard. Ce n'est rien du tout, tandis qu'un magnifique bâtiment avec 2 000 ou 3 000 places, un bâtiment de 8 étages avec radio, école biblique et tout, ça a de l'impact sur le plan humain. Mais, est-ce que cela a un impact sur le cœur de Dieu, un impact réel sur les hommes qui nous entourent ?

Qu'est-ce qu'il y a eu, comme impact, au début de la vie de l'Eglise ? C'était la présence du Saint-Esprit et la vie de Dieu qui agissaient et qui amenaient des âmes en permanence au Seigneur, des guérisons, des miracles et des conversions. Et puis, le Saint-Esprit s'occupait de la croissance de cette église, parce qu'elle était selon le modèle du Seigneur. C'est-à-dire qu'elle se réunissait tout simplement dans les familles et dans les maisons. Alors, bien sur, il ne faut pas, là non plus, devenir légaliste Je sais que, dans la brousse africaine, si vous avez des cases où vous êtes trois, vous allez construire un apatam à côté, sous des branchages où l'on pourra tenir 20. C'est s'adapter aux conditions locales. Mais, au temps où l'apôtre Paul vivait, où l'église du début vivait, ils avaient des maisons comparables aux nôtres. Elles n'étaient pas immenses, mais ils avaient de quoi se réunir à un groupe de taille humaine, un groupe qu'il était possible de constituer pour pouvoir vivre une véritable vie d'église, se connaître, s'aider mutuellement dans les problèmes que l'on peut rencontrer tous les jours. Donc ils se réunissaient dans les maisons et ils étaient répartis en assemblées de maisons qui étaient plus ou moins grandes selon les maisons qui les accueillaient. Quand ils grossissaient trop dans une maison, ils créaient un deuxième groupe à côté, chez le frère d'à côté, un peu plus loin, et ils agrandissaient ainsi leur action, leurs moyens d'action.

Dans Romains 16, 5 il est dit, par exemple, à propos de Prisca et Aquilas :

 

Saluez aussi l'Eglise qui est dans leur maison.

 

Donc, il parlait aux Romains. Il y avait une communauté chrétienne à Rome. On ne connaît pas son nombre, mais elle devait être assez importante, puisque Rome était la plus grande ville de l'époque. Et là, dans la maison de Prisca et d'Aquilas, il y avait une église de maison. Il y avait l'église de Rome qui faisait un seul tout, puisqu'il parle aux chrétiens de Rome, aux Romains qui vivaient à Rome et qui étaient chrétiens. Et, manifestement, cette église de Rome était répartie dans les maisons.

Un peu plus loin, dans Romains 16 et au verset 23, il est dit :

 

Gaïus, mon hôte et celui de toute l'Eglise, vous salue.

 

Donc, Paul écrivait aux Romains, et il logeait chez Gaïus, là où il a écrit la lettre. Il disait que Gaïus était son hôte et celui de toute l'église. Donc, cela faisait un groupe qui ne devait, sans doute, pas être immense, puisque la maison de Gaïus avait été choisie pour l'héberger.

 

Dans 1 Corinthiens 16 :

 

Les Eglises d'Asie vous saluent. Aquilas et Priscille, avec l'Eglise qui est dans leur maison, vous saluent beaucoup dans le Seigneur.

 

Ils avaient vraiment à cœur de servir Dieu, et, partout où ils allaient, leur maison était ouverte pour faire une église de maison.

 

Dans Colossiens 4 :

 

Saluez les frères qui sont à Laodicée, et Nymphas, et l'Eglise qui est dans sa maison.

 

Il y avait une église de maison chez un certain Nymphas. Je pense qu'il habitait à Laodicée, qui était une ville assez grande de l'époque. Et il l'appelle bien : l'église qui est dans sa maison. Donc, c'était une petite cellule de l'Eglise universelle du corps de Christ qui était dans la maison de Nymphas. Donc, ce sont les seules mentions que vous voyez dans tout le Nouveau testament. Les lieux où ils se réunissaient étaient les maisons. Tout-à-fait au début, à Jérusalem, il arrivait qu'ils aillent prier dans le temple, puisque c'étaient des juifs qui venaient de se convertir. Ils avaient encore certaines habitudes, mais très vite on dit : "Ils rompaient le pain dans les maisons…é. Ils ne pouvaient pas réunir des milliers de personnes dans le temple, tous les jours. Ils ont vu que la maison était la solution idéale. Quand ils avaient besoin de réunir un groupe important pour un travail particulier comme l'enseignement, ils utilisaient un bâtiment public, momentanément. Par exemple, dans Actes 19 :

 

il enseigna chaque jour dans l'école d'un nommé Tyrannus

 

Tyrannus avait une école. Il était sans doute converti. Il a mis son école à la disposition de Paul, parce qu'il y avait sans doute des locaux assez vastes pour recevoir la petite communauté naissante, pour recevoir un enseignement intensif. Tous les jours, Paul les réunissait. Dans une maison cela ne pouvait pas se faire aussi facilement. C'est pourquoi l'école de Tyrannus était disponible. Ils l'ont utilisée pendant quelques mois. Mais Paul n'a pas suggéré aux chrétiens d'Ephèse de construire un bâtiment. Jamais cela n'est venu dans la pensée d'aucun apôtre. Cela ne vient pas à la pensée du Seigneur. Dès qu'on a un grand bâtiment, on a un risque énorme de prise de pouvoir de l'homme, parce que, dès que vous avez 100, 200, 1000 personnes, dans un bâtiment, assis les uns à côté des autres de manière passive, pour venir écouter des messages ou participer passivement à une réunion pendant 1 heure ou 2, et après se quitter et ne plus se voir jusqu'à la réunion suivante, c'est une caricature du modèle de l'église. Jésus ne veut pas cela. Cela peut arriver de manière occasionnelle ; On peut se réunir à 1000 ou 10000 pour louer le Seigneur, passer une bonne journée de culte ensemble ou pour recevoir l'enseignement d'un Paul de Tarse qui passerait et qui n'aurait pas le temps de passer par toutes les maisons ; Donc, provisoirement on va trouver un bâtiment ou un endroit où on peut réunir 1 000, 2000 personnes Mais c'est quelque chose d'occasionnel, de passager. Cela ne fait pas partie de la vie ordinaire journalière du corps de Christ.

La vie journalière et ordinaire, c'étaient les maisons, les foyers, les familles. Il fallait que certains foyers chrétiens décident, et c'était quelque chose qui leur coûtait certainement, d'ouvrir leur maison à un groupe de quartier ou de village, pour qu'ils puissent se réunir régulièrement pour prier, pour rompre le pain ensemble et pour recevoir l'enseignement. Et c'est aussi un excellent moyen pour que les ministères se lèvent, puisque, dans une grande église, les ministères ne peuvent pas se lever. En général vous avez 1, 2 ou 3 ministères qui dirigent l'église et qui la dirigent du haut d'une estrade. Et les ministères qui voudraient se lever ne peuvent pas le faire, parce qu'on leur demande, la plupart du temps, une attitude passive de recevoir ce qui leur est donné. Vous avez remarqué la similitude de beaucoup d'églises modernes avec des salles de spectacle ou de cinéma ? Allez voir une salle de spectacle : vous avez des rangées de sièges, une estrade. Ce n'est pas normal que ça ressemble tant à des choses qui se passent dans le monde.

Non, le Seigneur veut vraiment que chacun participe et que ceux qui ont un appel particulier du Seigneur puissent se lever pour l'exercer. Et le meilleur moyen de se lever pour l'exercer, c'est dans un petit groupe où l'on peut plus facilement exercer les dons que Dieu nous donne. Puisqu'il n'y avait pas de frais inutiles à la construction de bâtiments somptueux, tout l'argent pouvait être consacré à ce que le Seigneur voulait vraiment faire. Aujourd'hui, des millions et des sommes énormes sont engloutis dans des constructions, dans des projets immobiliers qui coûtent les yeux de la tête. Et les chrétiens, pauvres brebis, sont tondus ras, pour pouvoir répondre à ces obligations financières qui n'ont rien de biblique. L'argent devrait être consacré à ce que le Seigneur veut faire.

 

Les petits groupes informels de maison ont un autre avantage : ils peuvent très bien résister à des temps d'épreuves et de persécutions. Une église qui a pignon sur rue et un très beau bâtiment sera la première à être persécutée et à être visée, quand la persécution viendra. D'ailleurs, dans tous les pays où l'Eglise est persécutée, elle revient au modèle biblique de maison. Forcément, on se réunit dans les maisons, parce qu'il n'y a pas d'autre moyen et parce que c'est aussi la pensée du Seigneur. Les premiers à être visés seront les grands groupes. Un petit groupe de maison de 20, 30, 40 personnes n'a aucune obligation d'être déclaré aux autorités. Même s'il y avait une loi qui obligeait les chrétiens à se déclarer, à partir du moment où ils se réunissent à 2 ou 3, on ne serait pas obligé d'obéir à une loi impie comme celle-là, parce qu'il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes. On reste soumis aux autorités, on respecte l'ordre public et la sécurité publique, etc., mais il n'y a aucune obligation biblique à constituer ce qu'on appelle aujourd'hui des associations cultuelles avec des statuts, des déclarations à la préfecture, etc. Cela complique le travail du Seigneur.

 

Dans toutes les églises organisées de cette manière où je suis allé, il y a toujours eu, un jour ou l'autre, un conflit ou un problème entre l'organisation administrative humaine imposée par l'Etat et la loi et l'organisation du Seigneur. Par exemple, il y avait le bureau administratif avec président, vice-président, membres du bureau, qui sont choisis d'après des critères administratifs et les ministères du Seigneur qui sont choisis par le Seigneur. Alors, il y avait les membres du bureau et il y avait les ministères qui n'étaient pas toujours membres du bureau. Cela faisait des histoires ; Et où étaient les diacres là-dedans ? Et cela faisait une confusion extraordinaire qui finissait toujours par un compromis avec la Parole du Seigneur ; Les choses sont si simples quand on laisse l'Esprit du Seigneur nous diriger dans la liberté. On fonctionne dans la liberté, puis on observe comment le Seigneur agit. S'il y en a ou une qui est appelé à un ministère particulier, il se lève et il commence à l'exercer dans le groupe ; il est reconnu ou non par les autres, et puis, il peut se fortifier dans le groupe, et puis ensemble on contacte l'environnement pour évangéliser. Mais, tout cela se fait le plus naturellement du monde, sans obligation légale particulière et sans troubler l'ordre public du tout.

 

Mais on est tellement en dehors, maintenant, de la pensée du Seigneur, que l'on ne peut pratiquement plus imaginer une église qui se crée quelque part dans un village, sans tout de suite penser : déclaration à la préfecture, organisation, association cultuelle, etc. Mais non, bien aimés, ce n'est pas ce que le Seigneur désire vraiment faire, dans son cœur. Il désire que les choses soient conduites par son Esprit, et non par la loi des hommes. Alors, je ne dis pas qu'il n'y a pas d'église organisée comme cela qui marche bien. Il y en a sûrement, mais, à partir d'un certain moment, c'est bloqué : ou l'organisation humaine commence à prendre le dessus, ou il y a un conflit avec l'organisation de Dieu, et ça ne peut plus marcher, parce qu'on n'est pas vraiment dans le modèle du Seigneur. Les dénominations, les grandes dénominations ont toutes commencé, en général, par une église locale qui était conduite par un ministère puissant, charismatique et tout, qui a attiré du monde. Puis, cela a fait un groupe de plus en plus gros, on a élargi les bâtiments et on s'est étendu dans l'environnement. On crée ce qu'on appelle des annexes. Alors, il y a l'église de Lyon qui va créer une annexe à Valence, une annexe à Montélimar, puis une annexe à Châlon, etc. Et puis, cela finit par faire une dénomination nouvelle, des annexes qui sont évidemment toujours étroitement dépendantes de la tête qui est à la ville principale.

 

Dans la pensée du Seigneur, tous ces petits groupes informels de maison sont entièrement autonomes les uns des autres, dans la liberté complète de l'Esprit du Seigneur, tout en sachant que nous sommes soumis les uns aux autres dans la crainte de Christ et que nous devons écouter ce que Dieu nous dit, soit directement, soit par un frère ou une sœur qui a l'Esprit du Seigneur. Mais, cela se fait dans la liberté. Tu écoutes et tu fais selon ce que ton cœur te dit. Je veux dire : si tu es vraiment enfant du Seigneur, tu vas écouter ce qu'un frère ou une sœur va te dire de la part de Dieu. Mais, tu n'auras pas au-dessus de toi l'administrateur général de qui va dépendre toute la vie spirituelle, y compris toute initiative que tu vas prendre pour l'œuvre du Seigneur.

 

Le désir de paraître et de faire bloc et masse devant les autorités est encore un désir qui explique la création des grandes églises ou des grandes assemblées, avec de gros bâtiments. On veut, à tout prix, que les autorités nous respectent, que les autorités nous considèrent, et pour cela, il faut faire bloc, il faut faire masse. Le monde ne respecte que ce qui a de la puissance et de l'apparence. Alors, on va créer des masses imposantes, on va faire en plus des fédérations au niveau régional ou national, pour qu'on puisse savoir qu'on est 15000 ou 20000 dans notre groupe, au niveau national et que le secrétaire général ait du poids vis-à-vis des autorités, alors que le petit ancien d'un groupe de maison n'a aucun poids vis-à-vis des autorités.

Mais, est-ce que cela intéressait les apôtres du début d'avoir du poids vis-à-vis des autorités ? Quand ils sont amenés devant le Sanhédrin qui avait des pouvoirs de vie ou de mort, la seule chose qui comptait pour Pierre, Paul, Jean, Etienne qui étaient remplis du Saint-Esprit et de foi, c'était d'annoncer l'Evangile avec une pleine assurance et une pleine onction du Saint-Esprit. Ils ne s'occupaïent pas du tout de savoir si les autorités les respectaient ou non pour la puissance qu'ils avaient. Ils étaient persécutés, de toute manière, parce qu'ils annonçaient clairement la vérité. Donc, ne cherchons pas à impressionner le monde. Il ne sera impressionné que par ce qu'il considère, lui, comme bon, et ce qu'il considère comme bon n'est pas considéré comme bon par le Seigneur. L'esprit du monde est en désaccord complet avec l'Esprit du Seigneur. Ce qui plaît au Seigneur, c'est ce qui est petit, ce qui est méprisable, ce qui est considéré comme balayures pour le monde. Est-ce que nous voulons imiter le monde en ayant l'apparence des belles choses, des beaux bâtiments et des grandes masses déclarés officiellement avec service d'ordre et compagnie ? On va attirer finalement le mépris du monde, parce qu'ils verront que nous sommes comme eux, qu'on utilise les mêmes moyens qu'eux. Le monde va commencer à craindre l'Eglise du Seigneur quand elle est remplie du Saint-Esprit et d'amour, et elle ne se laisse pas du tout impressionner par les choses du monde.

 

Alors, en ce qui concerne les fonds, ce qui pourrit la vie de l'église, c'est l'argent. Combien de serviteurs de Dieu j'ai vu chuter, non pas parce qu'ils mettaient la main dans la caisse, mais parce qu'ils se sont engagés dans des œuvres de plus en plus ruineuses, et qu'à un moment donné, le Seigneur a lâché et les chrétiens aussi. Ils ont lâché parce qu'ils en ont eu assez d'être tondus. Et alors, ils se sont retrouvés dans la ruine, parce qu'ils brassaient des sommes d'argent énormes, alors que le Seigneur donne un enseignement très précis, en ce qui concerne l'argent.

Les principes bibliques sont très simples. Je vais vous les donner. D'abord, le Nouveau Testament ne connaît pas l'enseignement de la dîme. C'est quelque chose qui est toujours mis en avant dans les grandes églises. Ça permet de récupérer au moins 10% des revenus des chrétiens. C'est toujours ça de pris. Le principe de la dîme est un principe de la loi, et même d'avant la loi, mais, de toute manière, d'un temps et d'une époque qui sont révolus, d'une époque où l'Eglise née de nouveau n'existait pas. Aujourd'hui, ce principe biblique, qui n'est pas mauvais en soi, est remplacé par la marche par l'Esprit. Pour nous, chrétiens nés de nouveau, nous n'avons rien qui nous appartient. Tout nous est donné par le Seigneur, selon les besoins de son œuvre et selon sa volonté. Et nous ne devons rien considérer comme nous appartenant en propre. C'est comme cela que la première église fonctionnait. Personne ne disait que quelque chose lui appartenait en propre, même s'ils avaient leurs objets personnels. Ils n'avaient pas le sentiment de propriété personnelle. Ils savaient qu'ils étaient gérants du Seigneur et que tout ce que le Seigneur leur donnait devait être mis à la disposition de l'Esprit pour l'œuvre du Seigneur. Donc cela impliquait qu'il fallait avoir l'oreille ouverte pour savoir quoi faire des biens et de l'argent.

C'est très simple finalement de régler ses affaires avec le Seigneur en disant : "Seigneur, je t'ai donné tes 10%, et le reste, j'en fais ce que je veux. J'ai accompli mon devoir". Le Seigneur ne veut pas cela. Le Nouveau Testament ne parle pas de dîme pour les chrétiens. Même s'il y a quelques allusions, ce n'est absolument pas dans le contexte qui montre qu'il y a un enseignement du Seigneur là-dessus. L'argent, dans le Nouveau Testament, ne servait qu'à trois buts précis qui peuvent, en fait, se ramener à deux.

 

Le premier but, c'était de réunir de l'argent pour les besoins des chrétiens en difficulté. Combien de chrétiens, dans le monde, sont aujourd'hui en difficulté, en Afrique ou ailleurs ! Et nous, chrétiens des pays riches, qui nageons dans le superflu, est-ce que nous pensons à réunir des fonds, à les confier à des hommes fidèles comme Paul et les autres, pour aller les distribuer sur place à ceux qui en ont besoin, à nos frères qui sont en train de mourir de faim, alors que nous jetons des poubelles entières de choses que nous avons en trop ? Regardez comme Paul faisait. Il réunissait de temps en temps des fonds pour les distribuer aux chrétiens pauvres ou dans le besoin, et il allait leur porter ce qui leur manquait. Je n'ai pas le temps de faire un enseignement là-dessus, mais je vais quand même lire quelques versets, parce que c'est important d'en parler, au moment où nous parlons de la vie pratique de l'Eglise :

 

Pour ce qui concerne la collecte en faveur des saints (les saints, c'étaient les chrétiens dans le besoin), agissez, vous aussi, comme je l'ai ordonné aux Eglises de la Galatie. (2) Que chacun de vous, le premier jour de la semaine, mette à part chez lui ce qu'il pourra, selon sa prospérité, afin qu'on n'attende pas mon arrivée pour recueillir les dons.

 

Il ne parle pas du tout de dîme. Il dit : "ce qu'il pourra, selon sa prospérité". Il prend ces dons pour les distribuer aux chrétiens qui sont dans le besoin. "Ce qu'il pourra, selon sa prospérité" : évidemment, ça dépend de la direction du Saint-Esprit. Vous vous rappelez l'histoire de la pauvre veuve que Jésus admire :

 

Jésus, s'étant assis vis-à-vis du tronc, regardait comment la foule y mettait de l'argent. Plusieurs riches mettaient beaucoup. (42) Il vint aussi une pauvre veuve, et elle y mit deux petites pièces faisant un quart de sou. (43) Alors, Jésus, ayant appelé ses disciples, leur dit : Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus qu'aucun de ceux qui ont mis dans le tronc ; (44) car tous ont mis de leur superflu, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre.

 

Et je suis sûr qu'elle a accumulé un trésor immense dans les cieux et que Dieu a pourvu à ses besoins. Donc, cela dépend de la direction du Saint-Esprit. et quand il dit : "ce qu'il pourra", il montre que Dieu nous laisse libre ; Fais selon ce que ton cœur te dit. Si tu as le cœur gros et large, tu vas donner même de ton nécessaire, parce que tu vois à côté quelqu'un qui en a encore moins que toi. C'est une règle d'égalité :

 

Car il s'agit, non de vous exposer à la détresse pour soulager les autres, mais de suivre une règle d'égalité : dans la circonstance présente votre superflu pourvoira à leurs besoins, (14) afin que leur superflu pourvoie pareillement aux vôtres, en sorte qu'il y ait égalité, (15) selon qu'il est écrit : celui qui avait ramassé beaucoup (de manne) n'avait rien de trop, et celui qui avait ramassé peu n'en manquait pas. (Exode 16, 18)

 

Et c'est cette règle que le Seigneur veut nous faire connaître. J'ai connu des églises où j'ai été en France, où j'ai appris avec stupéfaction que telle sœur âgée qui, apparemment n'avait l'air de manquer de rien, faisait les poubelles de son quartier pour vivre, parce qu'elle n'avait rien et n'osait rien dire à personne.

 

En fait, celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème en abondance moissonnera en abondance.

 

Il y en a qui en ont fait une règle légaliste pour pousser les chrétiens à passer au portefeuille, mais ce n'est pas cela du tout. C'est uniquement pour que nous nous rappelions que Dieu est un dieu juste et que, si nous donnons sans espérer recevoir en retour, Dieu lui n'oubliera pas et il ne nous laissera manquer ni de nourriture ni de vêtement.

 

Mais quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite,

 

Et Paul dit :

 

Si donc nous avons la nourriture et le vêtement, cela nous suffira.

 

Si tous les apôtres modernes parlaient comme Paul !

 

Le deuxième besoin, c'était pour pourvoir aux besoins des anciens du groupe local, quand ils étaient engagés à plein temps dans le travail du Seigneur. Il fallait pourvoir à leurs besoins, parce qu'ils ne pouvaient pas travailler dans le monde pour avoir un salaire, parce qu'ils s'étaient entièrement consacrés à l'œuvre du Seigneur. Ils comptaient sur le Seigneur pour qu'il pourvoie. Ils ne faisaient pas de quêtes en disant : "Je suis au service du Seigneur, il faut pourvoir à mes besoins". Il y avait un enseignement qui était donné ; on laissait la liberté à chacun et le Saint-Esprit mettait à cœur de pourvoir aux besoins des serviteurs du Seigneur qui ne gagnaient pas de salaire. Par exemple, Paul dit dans 1 Corinthiens 9 :

 

Ne savez-vous pas que ceux qui remplissent les fonctions sacrées sont nourris par le temple, que ceux qui servent à l'autel ont part à l'autel ?

 

Il fait référence aux sacrificateurs de la loi.

 

De même aussi, le Seigneur a ordonné à ceux qui annoncent l'Evangile de vivre de l'Evangile.

 

Donc c'est un droit, mais ce n'est pas un droit qui est appliqué de façon autoritaire par les serviteurs de Dieu. Ce n'est pas eux qui doivent organiser l'exercice de ce droit. C'est un droit spirituel qui doit être fait parce que les chrétiens ont eu le cœur touché. Ce ne sont pas les autres qui demandent leur salaire comme un droit. D'ailleurs, Paul lui-même renonce bien souvent à ce droit. Il a accepté de travailler durement, en plus de son travail d'apôtre, en faisant des tentes ou en travaillant temporairement pour n'être à charge de personne ou du moins de l'église où il était en train de prêcher. Ce n'est pas parce qu'on a un droit que l'on doit forcément l'exercer.

 

Pour moi, je n'ai usé d'aucun de ces droits, et ce n'est pas afin de les réclamer en ma faveur que j'écris ainsi ; car j'aimerais mieux mourir que de me laisser enlever ce sujet de gloire.

 

On peut y renoncer, et c'est un sujet de gloire dont il ne veut pas se laisser priver. Cela veut sûrement dire qu'il n'avait pas de gros besoins et qu'il savait se contenter de très peu, mais c'est un droit, et, normalement, l'église doit librement assurer l'entretien de ceux qui sont des serviteurs de Dieu, dans le groupe local où ils sont. Dans 1 Timothée 5, 17 il est dit :

 

Que les anciens qui dirigent bien soient jugés dignes d'un double honneur, surtout ceux qui travaillent à la prédication et à l'enseignement. (18) Car l'Ecriture dit : Tu n'emmuselleras point le bœuf quand il foule le grain (Deutéronome 25, 4). Et l'ouvrier mérite son salaire (Luc 10, 7).

 

Donc, tout cela pour dire que le principe biblique est clair. L'argent, quand il est réuni, ne doit pas passer dans des bâtiments, des œuvres somptuaires. Il passe pour les besoins des saints qui sont dans la pauvreté ou la difficulté, pour entretenir les serviteurs de Dieu qui ont consacré leur vie à un ministère donné.

 

Et le troisième besoin qui est indiqué dans la Parole, c'est de pourvoir aux besoins des anciens qui sont en mission à l'extérieur de leur groupe. Aujourd'hui, on les appelle les missionnaires. Un missionnaire, ce n'est pas forcément en Afrique. Dans un groupe local, quelqu'un peut être envoyé, comme cela a été souvent le cas, dans un autre endroit pour prêcher l'Evangile, et il lui faut du soutien. Normalement, ce sont les chrétiens qui ont à cœur de lui donner de quoi pourvoir à ses besoins. Par exemple dans Tite 3, 13 :

 

Aie soin de pourvoir au voyage de Zénas, le docteur de la loi, et d'Apollos, en sorte que rien ne leur manque.

 

Ils étaient envoyés en mission quelque part et il fallait pourvoir à leurs besoins, afin qu'ils ne manquent de rien. Cela voulait dire quoi ? Les nourrir, les loger. Il n'était pas question de leur donner des cents et des milles comme salaire royal. Je m'arrête là, pour ce point.

C'est simplement pour montrer que l'église du Nouveau testament ne doit pas coûter très cher sur le plan financier. Pour les groupes locaux, les groupes de maison, il n'y a aucun frais de bâtiment. Ce sont des chrétiens qui travaillent et qui vivent de leurs mains. Ils doivent simplement avoir à cœur les pauvres et les serviteurs du Seigneur qui ont consacré leur temps au service du Seigneur. Vous ne trouvez aucune autre demande d'argent dans l'église du début. Cela veut dire que leur mission était faite par la puissance du Saint-Esprit. Et, ce qui leur a suffi au début devrait normalement nous suffire.

Ca me rappelle le témoignage qu'un évangéliste comme Smith Wigglesworth, au début du siècle, donnait lui-même. C'était un évangéliste qui avait vraiment la puissance de l'Esprit de Dieu. Il a eu, un jour, une demande du Seigneur qui lui a dit : "Va annoncer ma Parole en Australie". Il y est allé, sans prévenir personne. Il est arrivé sur le quai ; personne ne l'attendait. Et, quand il est parti, je ne sais pas combien de mois après, il y avait une foule énorme qui l'accompagnait au bateau, parce que, entre temps, il y avait eu la puissance de Dieu à l'œuvre. Dieu l'a conduit là-bas, et la puissance de la prédication de l'Evangile était telle que les foules sont venues au Seigneur. Il n'a manqué de rien pendant son séjour. Il n'a pas eu à quémander quoique ce soit. Dieu a pourvu. Et tout ce qui a été fait là-bas a été fait sans aucun recours à la radio, à l'impression de tracts, de traités, à des annonces dans les journaux, etc. Simplement la puissance de Jésus à l'œuvre. A la première réunion publique où il a prêché, il y a eu des malades guéris. Toute la ville le savait le lendemain. Ils se sont tous dit : "Il y a le Seigneur qui est à l'œuvre à tel endroit. Il faut y aller". Il n'a aucun frais à débourser, alors qu'aujourd'hui on voit certaines campagnes d'évangélisation où il faut louer des salles à prix d'or, il faut imprimer des milliers de traités, il faut passer des annonces à la télé, à la radio, ce qui coûte extrêmement cher. Alors certains me diront : "Henri, tu exagères. Il faut vivre avec ton temps. Si Paul était à notre époque, il utiliserait tous ces moyens, et Internet". Je dis : on n'en sait rien. En tout cas, ce que je sais, si l'église du début a été remplie de cette puissance, sans avoir besoin de tout cela, je ne pense pas que c'est absolument nécessaire. Ça peut être utile, mais ce n'est pas nécessaire du tout.

 

Une chose est nécessaire, c'est d'être rempli de la présence de Dieu. Et quand Dieu se manifeste quelque part, je vous assure que ça remue. Les vrais réveils de l'histoire, même les réveils récents comme au Pays de Galles, au début du siècle, ou en Californie, se sont faits par la puissance du Saint-Esprit, et personne n'est allé dépenser des sommes énormes pour avertir de ce qui se passait. Le Saint-Esprit faisait l'invitation et les gens arrivaient.

 

Alors, en ce qui concerne la direction spirituelle de l'église, des ministères, je préfère la conduite spirituelle, parce que "direction" a pris un sens un peu autoritaire. L'Eglise, en fait, est dirigée par le Seigneur Jésus. C'est lui le chef de l'Eglise, c'est lui qui veut diriger, bâtir son Eglise, et tout doit dépendre de lui. C'est le premier principe. C'est lui qui veut diriger son Eglise directement, avec l'assistance de son Esprit.

 

Le deuxième principe, c'est que, dans cet immense corps de Christ qui est fait de rachetés, nous sommes tous spirituellement égaux, nous sommes tous sanctifiés par Jésus, et, pour le Père, nous avons la même valeur spirituelle, sans aucun intermédiaire entre le peuple du Seigneur et Dieu lui-même.

 

Le troisième principe, c'est que nous devons tous être soumis les uns aux autres, dans la crainte de Christ. On doit reconnaître, dans le frère ou la sœur que Dieu a placé devant moi, quelqu'un qui, normalement, est en relation personnelle avec Jésus. Et, comme nous sommes membres d'un corps, nous devons fonctionner en coopération et en collaboration l'un envers l'autre. Mon frère va recevoir de Dieu des choses qui vont me faire du bien. Je vais recevoir des choses que je dois donner aux autres. Quand Dieu me donne des dons, ce n'est pas pour les garder pour moi, c'est pour l'édification de l'église. D'ailleurs, cela peut se faire dans un petit groupe humain mieux que dans un grand. Dans 1 Corinthiens 12 et 1 Corinthiens 14, l'apôtre Paul dit que ces dons sont distribués à tous selon la volonté du Saint-Esprit, pour l'édification commune.

 

Or, à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité commune.

 

De même vous, puisque vous aspirez aux dons spirituels, que ce soit pour l'édification de l'Église que vous cherchiez à en posséder abondamment.

 

Donc, nous sommes tous égaux spirituellement. Il n'y a ni grec, ni juif, ni circoncis, ni incirconcis, dans l'Eglise de Jésus, ni même homme, ni femme ; je parle, spirituellement, devant Dieu.

 

Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ.

 

Nous avons tous la même valeur spirituelle, nous sommes tous égaux devant le Seigneur, et nous avons tous un appel personnel du Seigneur dans son corps, avec des dons personnels pour l'édification de l'église et, bien sûr, pour amener des âmes au Seigneur. Donc, on n'a pas de complexes à avoir vis-à-vis de nos frères ou de nos sœurs. On a une place indispensable. Si l'un est appelé à un ministère apparemment puissant, c'est sa place, c'est le don qu'il a reçu de Dieu. Il n'a pas à s'en glorifier. C'est pour un travail donné. Mais, celui qui, dans son coin, humble et quelquefois non reconnu par personne, reçoit du Seigneur un don précieux pour l'exercer vis-à-vis du reste du corps de Christ, il a, aux yeux du Seigneur, la même valeur, s'il exerce son don et son ministère, comme il doit l'exercer. S'il sort de l'appel du Seigneur, alors là, ça ne va plus. Mais si nous sommes dans l'appel que le Seigneur nous donne, et si nous l'exerçons comme le Seigneur le veut, alors là, nous rendons gloire au Seigneur.

 

Le quatrième principe, c'est maintenant dans l'œuvre du Seigneur. Comme chacun a une place particulière, le Seigneur appelle certaines personnes à une fonction ou à une place particulière de surveillance spirituelle ou de conduite spirituelle. Mais ça n'enlève rien au principe que je viens de définir, c'est-à-dire que ce n'est pas parce que Dieu va donner un ministère particulier de surveillance spirituelle à une personne, que cette personne doit devenir un écran entre Dieu et les autres ou qu'il doit devenir un commandant de l'armée pour diriger le troupeau. Ces fonctions de surveillance spirituelle, on va les étudier un peu plus en détail plus tard. Ce sont des fonctions qui sont données à certains hommes, mais pas à des femmes. Ce sont les 5 fonctions de surveillance spirituelle qui caractérisent les ministères d'Ephésiens 4 :

 

Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs,

 

Ils forment ce qu'on appelle les anciens du troupeau, chargés de surveiller que tout fonctionne comme le Seigneur le voudrait. Mais, ce n'est pas pour cela qu'ils valent plus que les autres. Ils ont simplement une fonction particulière que Dieu, dans sa grâce, leur donne pour que l'église soit surveillée par ces anciens qui sont nommés dans la Parole par le Seigneur.

 

Alors, maintenant, voyons ces principes. Le premier principe est que Jésus est le chef de l'Eglise, celui qui la dirige directement et personnellement. Je lirai un verset, dans Matthieu 16, 18, dans la bouche même de Jésus. Jésus dit, en parlant à Pierre :

 

Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église,

 

C'est un des rares passages de l'Evangile où le mot "Eglise" est employé. Jésus dit bien : "Je bâtirai mon Eglise". C'est clair et net que c'est lui le chef. Il y a de nombreux passages qui le montrent. Je ne veux pas tous les détailler : simplement quelques versets. Bien souvent Jésus est mis au rancart, parce que les hommes ont pris sa place.

Dans Ephésiens 5, 23, il est dit :

 

car le mari est le chef (= tête) de la femme, comme Christ est le chef de l'Église, qui est son corps, et dont il est le Sauveur. (24) or, de même que l'Eglise est soumise à Christ, les femmes doivent l'être à leurs maris en toutes choses.

 

Donc, dans la pensée du Seigneur, c'est Jésus le chef de son Eglise qui est son corps, et l'Eglise doit être parfaitement soumise à celui qui est son chef, en tout point, comme la femme est soumise à son mari.

 

Dans Colossiens 1, 18 :

 

Il est la tête du corps de l'Église ; il est le commencement, le premier-né d'entre les morts, afin d'être en tout le premier.

 

Il y a d'autres passages, mais ça suffit pour montrer que le Seigneur veut diriger personnellement son Eglise, et il ne donnera à aucun homme la responsabilité de diriger son Eglise à sa place. Il va donner des ministères de collaboration avec Dieu, mais ces ministères-là seront des modèles, ce ne seront pas des gens qui vont dominer sur l'Eglise, mais qui vont surveiller pour voir comment tout se passe, si ça se passe bien comme Dieu l'a dit. Donc il faut qu'ils soient eux-mêmes en communion étroite avec le Seigneur et sa Parole, et ils donnent l'éclairage qu'il faut aux troupeaux qui ont encore besoin d'être éclairés. Mais, fondamentalement, c'est Jésus, dans le cœur de chacun de ses enfants, qui veut diriger personnellement leur vie, parce qu'il n'y a que lui qui a le plan d'ensemble, qui voit la totalité.

 

Le deuxième principe, c'est que nous sommes tous égaux spirituellement devant Dieu :

 

Car ceux qu'il a connus d'avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l'image de son Fils, afin que son Fils fût le premier-né entre plusieurs frères.

 

Donc c'est clair que, dans la pensée du Seigneur, nous sommes tous sur le même plan, frères et sœurs devant Dieu. Christ est le premier-né, le frère aîné qui est en même temps le Seigneur, le Sauveur, le roi. D'ailleurs, dans Galates 3, il dit aussi :

 

Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ ; (27) vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. (28) Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. (29) Et si vous êtes à Christ, vous êtes donc la postérité d'Abraham, héritiers selon la promesse.

 

Ca me fait du bien de savoir que le Seigneur nous a tous destinés, tels que nous sommes maintenant, si nous restons fidèles, à être un jour semblables à l'image de Jésus. Je reviens constamment sur cette promesse du Seigneur. Si tu restes fidèle, attaché au Seigneur, il va travailler dans ta vie pour te rendre semblable à Jésus, homme ou femme, d'où que tu viennes, quel que soit ton passé. On est tous sur le même pied d'égalité.

Maintenant dans Ephésiens 5, à partir du verset 20 :

 

rendez continuellement grâces pour toutes choses à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, (21) vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Christ.

 

Donc, dans cet esprit-là, le mari est soumis à sa femme et la femme à son mari, parce que je dois discerner ce qui vient de Dieu par l'autre qui est devant moi, et aussi ce qui ne vient pas de Dieu. Il faut donc que je ne me laisse opprimer et asservir par personne, homme ou femme, quelle que soit sa position dans le monde. Dieu m'a libéré ; c'est pour être entièrement libre de toute oppression. Mais cette liberté me donne une grande responsabilité, parce qu'elle s'exerce dans l'amour, dans la soumission des uns aux autres. Si Dieu me donne une liberté complète, ce n'est pas pour que je commence à opprimer les autres et à les mettre sous mon grappin. Il m'a donné et il nous donne à tous une pleine liberté pour nous faire grandir dans cette liberté, pour qu'on prenne nos responsabilités en tant qu'adultes en Christ. Je vais mettre cette liberté au service de mes frères, de mes sœurs, de ceux qui ont besoin du Seigneur, comme Jésus l'a fait. Il s'est privé de la liberté qu'il avait en devenant semblable à un homme et il dit bien lui-même :

 

Car le Fils de l'homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs.

 

Dans cet esprit-là nous devons veiller soigneusement à être soumis les uns aux autres dans la crainte de Dieu. Je ne vais pas me laisser asservir par un frère ou une sœur qui voudrait commencer à me dominer, y compris par des dons spirituels ou par la Bible, mais je vais veiller de très près à écouter ce qu'il a ou ce qu'elle a à me dire, pour bien discerner si ça vent du Seigneur, au besoin en faisant le tri et en laissant de côté ce qui ne vient pas du Seigneur. Mais il arrive que Dieu parle à une personne qui soit encore un peu mal habituée à écouter la voix du Seigneur. Elle va me donner quelque chose de la part de Dieu avec un mélange d'un peu de chair et d'esprit, mais il faut que je discerne quand même que Dieu l'a envoyée pour me parler et que j'écoute ce qui vient du Seigneur, dans ce qu'elle a à me dire. Si c'est quelqu'un qui est vraiment habitué à être en communion avec Dieu, il va me donner une vérité claire et nette de la part du Seigneur. Ça peut être un converti de la journée qui a reçu l'Esprit du Seigneur et qui va me dire une vérité de la part de Dieu. Si je suis soumis à lui dans la crainte de Christ, je vais écouter et dire : "Tu as raison mon frère, tu as raison ma sœur, ce que tu me dis là, j'ai vraiment le sentiment que ça vient de Dieu". C'est cela, être soumis les uns aux autres, dans la crainte de Christ.

Mais cela, il faut le pratiquer dans nos foyers, dans nos groupes, et ça ne peut être vraiment efficace que si nous pratiquons notre relation personnelle avec Jésus d'abord, parce que, ce qui va me donner le discernement, c'est ma relation avec Jésus. Plus je vais connaître Jésus de manière intime et plus je vais connaître sa Parole, plus je vais avoir de la facilité pour juger si ce qui se passe est bon ou mauvais et puis je vais pouvoir mieux écouter ce que Dieu me demande de dire pour l'apporter à mes frères et sœurs. Mais je vais l'apporter dans la liberté et dans l'amour. Je ne vais pas leur donner des coups de Bible sur la tête en disant : "Frère mécréant, tu ne marches pas selon le Seigneur". Je vais lui dire : "Mon frère ou ma sœur, il y a quelque chose que le Seigneur me montre pour toi ; je ne viens pas pour te condamner ou te juger, mais il est vital que tu écoutes ce que le Seigneur veut te dire, parce que tu es en train de dérailler ou de marcher à côté. Tu n'es pas à ta place ou tu ne fais pas ce qu'il faut que tu fasses. Alors, je t'en supplie, je t'exhorte à écouter. Voilà le conseil que je te donne. Tu te places devant Jésus et tu vas écouter la voix de Jésus dans ton cœur". Si c'est un enfant de Dieu qui aime la vérité, il va venir à la vérité que je suis en train de lui donner de la part du Seigneur. Si c'est quelqu'un qui a l'esprit rebelle et qui ne veut rien entendre, c'est là que les difficultés commencent. Il va refuser, il va se rebeller. Je n'aurai plus qu'une chose à faire, c'est d'attendre le moment favorable pour essayer de lui rappeler ou prier pour lui en disant : "Seigneur, ouvre les yeux de son cœur et de son intelligence pour qu'il comprenne ce que j'ai voulu lui dire de ta part, parce qu'il n'a pas pu écouter ta voix".

 

Maintenant, il faut savoir que, dans l'œuvre du Seigneur, dans le travail qu'il veut faire dans ce monde, chacun reçoit du Seigneur un ministère, homme ou femme. Et, pour ce ministère, Dieu lui donne des dons spirituels, pas humains mais spirituels. "Ministère", en grec, ça veut dire service. Un ministre de Dieu, c'est un serviteur. Donc, homme ou femme, tu reçois de Dieu, dans le corps de Christ, dont tu es un élément, un plan personnel de Dieu pour ta vie, qu'il va falloir que tu réalises, si tu veux vraiment obéir au Seigneur, parce que tu l'aimes. Et, pour réaliser ce plan, Dieu, qui est avec toi, va te donner des dons surnaturels, des dons spirituels. Il va te donner le caractère de Christ pour que tu puisses exercer ta fonction et répondre à ton appel.

Et tout le travail des "serviteurs de Dieu", tout le travail des ministères de surveillance spirituelle consiste exclusivement à surveiller ce qui se passe, pour aider les enfants de Dieu à grandir spirituellement, pour exercer leur propre ministère. C'est cela le travail d'un des 5 ministères dont je vous ai parlé : apôtre, prophète, évangéliste, pasteur et docteur. Dans Ephésiens 4, on voit ceci clairement :

 

Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs,

 

Les ministères sont des dons. On a tous un ministère. A certains, le Seigneur donne un appel particulier pour aider les autres. C'est un test aussi

 

 

 

 

 

Les ministères sont donnés uniquement pour aider les chrétiens à se perfectionner, c'est-à-dire grandir dans la stature de Jésus. Il y a des ministères qui font tout, sauf aider les chrétiens à grandir, parce que ça devient une menace pour eux, dès qu'un chrétien commence à grandir un peu. Si un chrétien se lève avec un ministère dans l'église et s'il devient concurrent avec le ministère en place, alors, la première des choses, c'est de l'écarter en vitesse pour qu'il ne devienne pas gênant. C'est malheureux à dire, mais ça arrive, ça arrive trop souvent, alors que, ce que le Seigneur veut, c'est que toi qui as été appelé comme apôtre ou docteur ou pasteur, tu mettes au service des autres les dons particuliers que tu as reçus, pour discerner ce qui se passe, pour voir quels sont les appels que Dieu donne ou confirmer des appels ou pour aider les chrétiens à s'approcher du Seigneur pour grandir et puis à les aider à se jeter dans le bain. Si je vois qu'un frère ou une sœur a reçu un don de prophétie ou de guérison ou autre, c'est mon travail de l'encourager. Il ne faut pas que je commence à me sentir concurrencé, parce qu'un frère ou une sœur a reçu un don de guérison. Et il va prier pour les malades qui seront guéris, alors qu'avec moi, ils ne seront pas guéris aussi souvent. Je dois me réjouir au contraire et dire : "Seigneur, donne encore plus. Et l'appel que tu m'as donné, développe-le aussi". Quand on sera parvenu à la stature de Christ, on aura tout, tous les dons, et tout le caractère de Christ, mais on est en chemin.

 

pour le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ,

 

 

Donc, les 5 ministères sont donnés en vue de l'œuvre du ministère du corps de Christ et en vue de l'œuvre de l'édification du corps de Christ. C'est comme cela qu'il faut le lire, parce que les deux expressions sont jointes. Le ministère du corps de Christ, c'est quoi ? C'est le ministère de chacun des membres du corps. Quand tous les membres sont à leur place et font ce que le Seigneur leur demande de faire, le corps marche bien. Ce n'est pas un seul homme qui va exercer toutes les fonctions dans l'église, c'est le corps tout entier. Alors, il faut perdre cette habitude de passivité. Ça doit stimuler en vous le désir de vous lever devant Dieu en disant : "Seigneur, montre-moi plus clairement ce que j'ai à faire dans ton corps, toujours en sachant que c'est un corps où nous sommes soumis les uns aux autres, dans la crainte de Christ. Montre-moi mon appel clairement, donne-moi les dons correspondants, parce que je veux les exercer pleinement. J'ai ce désir en moi de l'œuvre du ministère de ton corps, parce qu'il faut que ça marche comme tu le veux".

Donc, si un ministère de Dieu, apôtre, prophète, pasteur, évangéliste ou docteur, fait autre chose que cela, il n'est plus dans le travail que Dieu lui a confié. S'il dirige son église comme un P. D. G. dirige son entreprise, il a quitté les rails du ministère. Vous voyez comment cela se faisait dans l'église primitive Les ministères étaient choisis par Christ directement et ils commençaient à exercer librement leur appel et leur ministère qui était reconnu et confirmé par les autres. Et cela se passait vraiment dans la liberté de l'Esprit. Dieu est souverain. Il peut élever ou abaisser qui il veut. S'il en appelle un à exercer un ministère d'apôtre puissant qui va créer des églises, développer l'œuvre de christ partout dans le monde, tant mieux, merci Seigneur, donne-nous en d'autres. Mais, Seigneur, qu'il l'exerce en obéissance avec ta Parole, comme un serviteur et qu'il l'exerce en faisant ce que tu voudrais qu'il fasse, pas en allant développer sa dénomination à l'autre bout du monde, pour être le P. D. G d'une dénomination nouvelle. Paul n'a jamais pensé faire cela. Pourtant, il aurait pu. Il a sillonné la terre et la mer de l'époque pour faire l'œuvre du Seigneur. Quand il allait quelque part, quand il amenait des âmes au Seigneur, il les enseignait. Comme il était apôtre, il discernait au milieu d'eux ceux qui étaient appelés par Dieu pour être des anciens dans le troupeau. Puis il les confirmait et leur disait : "Dieu me montre que tu es appelé à être ancien". Mais l'autre devait sûrement le sentir dans son cœur. Ensuite, il partait et il les recommandait à la grâce de Dieu. Il ne créait pas un comité de soutien à Jérusalem pour surveiller de loin toutes ces églises qui étaient créées, puis faire une grande organisation évangélique ; Il les confiait au Saint-Esprit et à la grâce de Dieu, et il repassait quelque temps après, pour voir comment ils allaient. Et les autres, en attendant, étaient entièrement autonomes, avec le Seigneur comme directeur. Mais, ça oblige de faire vraiment confiance à Jésus. Paul passait du temps à prier pour eux, mais il ne passait pas du temps à organiser cela de manière humaine. Il surveillait de près ce qui se passait.

Dans l'Eglise, corps de Christ, il n'y a, en gros, que 3 positions possibles. Dans Philippiens 1, 1 :

 

Paul et Timothée, serviteurs de Jésus-Christ, à tous les saints en Jésus-Christ qui sont à Philippes, aux évêques et aux diacres : (2) que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ !

 

Donc, dans le corps de Christ, les évêques et les diacres sont aussi des saints. Ils font partie du troupeau des saints. Il n'y a que 3 places possibles. Parmi les saints qui étaient à Philippes, il y avait 2 types de saints particuliers qui avaient une fonction spéciale : les diacres et les évêques. Ces évêques-là n'étaient pas du tout ceux dont on entend parler aujourd'hui, qui ont un palais épiscopal. Evêque, au sens du mot grec, veut dire surveillant, surveillant du troupeau. Dans tout le Nouveau Testament, pour désigner la fonction d'ancien ou des 5 ministères dont j'ai parlé, vous avez 2 mots : épiscopos et presbytéros.

"Episcopos", c'est celui qui surveille, qui est placé au-dessus pour surveiller. C'est un peu comme quelqu'un qui est sur un monticule ou le guetteur du troupe ou qui est là sur un arbre ou sur un phare, et qui regarde au loin pour voir si tout va bien.

"Presbytéros", c'est celui qui voit loin, celui qui a de l'expérience, qui a reçu quelque chose de vraiment spécial du Seigneur qui lui donne une vision plus profonde. Le presbytre a donné le mot prêtre, de façon déformée.

Donc l'évêque et le presbytre sont des anciens du troupeau.

 

Tous les ministères, que ce soit apôtre, prophète, évangéliste, pasteur ou docteur, ne sont que des anciens dans le troupeau. Ce sont des ministères plus ou moins puissants, plus ou moins étendus, selon l'appel que Dieu leur donne. Mais, il n'y a pas, dans la Bible, cette différence qu'on voit dans tant d'églises, où le pasteur est le ministère, et, à côté, vous avez un groupe d'anciens qui sont des sous ordres, au service du ministère. Ils sont, en fait, le groupe de conseillers ou le conseil presbytéral. On distingue, dans l'église, le ministère qui a vraiment la vision de Dieu, l'appel de Dieu et l'ancien qui est un peu le secrétaire de la compagnie. C'est celui sur lequel on va s'appuyer, qui aura quand même un certain nombre de responsabilités, mais il dépend directement du ministère, il n'a pas l'autorité spirituelle d'un ministère. Dans la Bible, il n'y a pas cette distinction. Tous sont appelés anciens, y compris les apôtres. Par exemple, l'apôtre Pierre est considéré par beaucoup comme le premier des apôtres ou l'un des premiers. On peut vraiment dire de lui : il a reçu un ministère. Et bien, il dit, en parlant de lui :

 

Voici les exhortations que j'adresse aux anciens qui sont parmi vous, moi ancien comme eux,

 

Il s'appelle donc ancien. Il est apôtre, mais c'est un ancien. Il fait partie de ce groupe qui est placé là avec des dons et un appel particulier pour surveiller le troupeau.

 

témoin des souffrances de Christ, et participant de la gloire qui doit être manifestée : (2) Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec dévouement ; (3) non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau.

 

Voilà l'ancien. Jean, qui était aussi l'un des premiers apôtres, dit :

 

L'ancien, à Kyria l'élue et à ses enfants, que j'aime dans la vérité

 

Donc Pierre et Jean étaient des anciens. C'étaient des apôtres, mais c'étaient des anciens comme les autres anciens. Leur fonction, il le dit, c'est de faire paître les brebis. On les prend, on les fait sortir de la bergerie, on les conduit simplement là où il y a des bons pâturages, on les laisse manger à leur guise, en toute liberté, et on surveille pour voir si le loup ne vient pas. Et, quand elles ont bien mangé, on les ramène dans la bergerie, jusqu'au moment où on les aidera à sortir encore par la porte qui est Jésus. C'est cela le travail de l'ancien. C'est surveiller simplement le troupeau et laisser le troupeau manger lui-même. Ce n'est pas le berger qui mange l'herbe à la place du troupeau. Il les met en condition pour que le troupeau puisse manger. Il le laisse manger, il le surveille et il le garde.

 

 

La suite de cette série se trouve au début du message C123.