| | Louis Segond | David Martin |
| 1 | Eh quoi ! l'or a perdu son éclat ! L'or pur est altéré ! Les pierres du sanctuaire sont dispersées Aux coins de toutes les rues ! | Aleph. Comment l’or est-il devenu obscur, et le fin or s’est-il changé? Comment les pierres du Sanctuaire sont-elles semées aux coins de toutes les rues? |
| 2 | Les nobles fils de Sion, Estimés à l'égal de l'or pur, Sont regardés, hélas ! comme des vases de terre, Ouvrage des mains du potier ! | Beth. Comment les chers enfants de Sion, qui étaient estimés comme le meilleur or, sont-ils réputés comme des vases de terre qui ne sont que l’ouvrage de la main d’un potier? |
| 3 | Les chacals mêmes présentent la mamelle, Et allaitent leurs petits ; Mais la fille de mon peuple est devenue cruelle Comme les autruches du désert. | Guimel. Il y a même des monstres marins qui présentent leurs mammelles et qui allaitent leurs petits; mais la fille de mon peuple a à faire à des gens cruels, comme les chats-huants qui sont au désert. |
| 4 | La langue du nourrisson s'attache à son palais, Desséchée par la soif ; Les enfants demandent du pain, Et personne ne leur en donne. | Daleth. La langue de celui qui têtait s’est attachée à son palais dans sa soif; les petits enfants ont demandé du pain, et personne ne leur en a rompu. |
| 5 | Ceux qui se nourrissaient de mets délicats Périssent dans les rues ; Ceux qui étaient élevés dans la pourpre Embrassent les fumiers. | He. Ceux qui mangeaient des viandes délicates sont demeurés désolés dans les rues; et ceux qui étaient nourris sur l’écarlate ont embrassé l’ordure. |
| 6 | Le châtiment de la fille de mon peuple est plus grand Que celui de Sodome, Détruite en un instant, Sans que personne ait porté la main sur elle. | Vau. Et la peine de l’iniquité de la fille de mon peuple est plus grande, que la peine du péché de Sodome, qui a été renversée comme en un moment, et à laquelle les mains ne sont point lassées. |
| 7 | Ses princes étaient plus éclatants que la neige, Plus blancs que le lait ; Ils avaient le teint plus vermeil que le corail ; Leur figure était comme le saphir. | Zajin. Ses hommes honorables étaient plus nets que la neige, plus blancs que le lait; leur teint était plus vermeil que les pierres précieuses, et ils étaient polis comme un saphir. |
| 8 | Leur aspect est plus sombre que le noir ; On ne les reconnaît pas dans les rues ; Ils ont la peau collée sur les os, Sèche comme du bois. | Heth. Leur visage est plus noir que les ténèbres, on ne les connaît point par les rues; leur peau tient à leurs os; elle est devenue sèche comme du bois. |
| 9 | Ceux qui périssent par l'épée sont plus heureux Que ceux qui périssent par la faim, Qui tombent exténués, Privés du fruit des champs. | Teth. Ceux qui ont été mis à mort par l’épée, ont été plus heureux que ceux qui sont morts par la famine; à cause que ceux-ci se sont consumés peu à peu, étant transpercés par le défaut du revenu des champs. |
| 10 | Les femmes, malgré leur tendresse, Font cuire leurs enfants ; Ils leur servent de nourriture, Au milieu du désastre de la fille de mon peuple. | Jod. Les mains des femmes, naturellement tendres, ont cuit leurs enfants, et ils leur ont été pour viande dans le temps de la calamité de la fille de mon peuple. |
| 11 | L'Éternel a épuisé sa fureur, Il a répandu son ardente colère ; Il a allumé dans Sion un feu Qui en dévore les fondements. | Caph. L’Eternel a accompli sa fureur, il a répandu l’ardeur de sa colère, et a allumé dans Sion le feu qui a dévoré ses fondements. |
| 12 | Les rois de la terre n'auraient pas cru, Aucun des habitants du monde n'aurait cru Que l'adversaire, que l'ennemi entrerait Dans les portes de Jérusalem. | Lamed. Les Rois de la terre, et tous les habitants de la terre habitable n’eussent jamais cru que l’adversaire et l’ennemi fût entré dans les portes de Jérusalem. |
| 13 | Voilà le fruit des péchés de ses prophètes, Des iniquités de ses sacrificateurs, Qui ont répandu dans son sein Le sang des justes ! | Mem. Cela est arrivé à cause des péchés de ses prophètes, et des iniquités de ses Sacrificateurs, qui répandaient le sang des justes au milieu d’elle. |
| 14 | Ils erraient en aveugles dans les rues, Souillés de sang ; On ne pouvait Toucher leurs vêtements. | Nun. Les aveugles ont erré ça et là par les rues, et on était tellement souillé de sang, qu’ils ne pouvaient trouver à qui ils touchassent la robe. |
| 15 | Éloignez-vous, impurs ! leur criait-on, Éloignez-vous, éloignez-vous, ne nous touchez pas ! Ils sont en fuite, ils errent çà et là ; On dit parmi les nations : Ils n'auront plus leur demeure ! | Samech. On leur criait: retirez-vous, souillé, retirez-vous, retirez-vous, n’y touchez point. Certes ils s’en sont envolés, et ils ont été transportés ça et là; on a dit parmi les nations, ils n’y retourneront plus pour y séjourner. |
| 16 | L'Éternel les a dispersés dans sa colère, Il ne tourne plus les regards vers eux ; On n'a eu ni respect pour les sacrificateurs, Ni pitié pour les vieillards. | Pe. La face de l’Eternel les a écartés, il ne continuera plus de les regarder. Ils n’ont point eu de respect pour la personne des Sacrificateurs, ni pitié des vieillards. |
| 17 | Nos yeux se consumaient encore, Et nous attendions vainement du secours ; Nos regards se portaient avec espérance Vers une nation qui ne nous a pas délivrés. | Hajin. Jusqu’ici nos yeux se sont consumés après notre aide de néant; nous avons regardé de dessus nos lieux élevés vers une nation qui ne peut pas délivrer. |
| 18 | On épiait nos pas, Pour nous empêcher d'aller sur nos places ; Notre fin s'approchait, nos jours étaient accomplis... Notre fin est arrivée ! | Tsadi. Ils ont épié nos pas, afin que nous ne marchassions point par nos places; notre fin est approchée, nos jours sont accomplis; notre fin, dis-je, est venue. |
| 19 | Nos persécuteurs étaient plus légers Que les aigles du ciel ; Ils nous ont poursuivis sur les montagnes, Ils nous ont dressé des embûches dans le désert. | Koph. Nos persécuteurs ont été plus légers que les aigles des cieux; ils nous ont poursuivis sur les montagnes, ils ont mis des embûches contre nous au désert. |
| 20 | Celui qui nous faisait respirer, l'oint de l'Éternel, A été pris dans leurs fosses, Lui de qui nous disions : Nous vivrons sous son ombre parmi les nations. | Resch. Le souffle de nos narines, l’Oint de l’Eternel, a été pris dans leurs fosses, celui duquel nous disions: nous vivrons parmi les nations sous son ombre. |
| 21 | Réjouis-toi, tressaille d'allégresse, fille d'Édom, Habitante du pays d'Uts ! Vers toi aussi passera la coupe ; Tu t'enivreras, et tu seras mise à nu. | Scin. Réjouis-toi, et sois dans l’allégresse, fille d’Edom, qui demeures au pays de Huts; la coupe passera aussi vers toi, tu en seras enivrée, et tu t’en découvriras. |
| 22 | Fille de Sion, ton iniquité est expiée ; Il ne t'enverra plus en captivité. Fille d'Édom, il châtiera ton iniquité, Il mettra tes péchés à découvert. | Thau. Fille de Sion, la peine de ton iniquité est accomplie, il ne te transportera plus; mais il visitera ton iniquité, ô fille d’Edom! il découvrira tes péchés. |