| | Louis Segond | David Martin |
| 1 | Le sort de l'homme sur la terre est celui d'un soldat, Et ses jours sont ceux d'un mercenaire. | N'y a-t-il pas un temps de guerre limité à l'homme sur la terre? et ses jours ne sont-ils pas comme les jours d'un mercenaire? |
| 2 | Comme l'esclave soupire après l'ombre, Comme l'ouvrier attend son salaire, | Comme le serviteur soupire après l'ombre, et comme l'ouvrier attend son salaire; |
| 3 | Ainsi j'ai pour partage des mois de douleur, J'ai pour mon lot des nuits de souffrance. | Ainsi il m'a été donné pour mon partage des mois qui ne m'apportent rien; et il m'a été assigné des nuits de travail. |
| 4 | Je me couche, et je dis : Quand me lèverai-je ? quand finira la nuit ? Et je suis rassasié d'agitations jusqu'au point du jour. | Si je suis couché, je dis, quand me lèverai-je? et quand est-ce que la nuit aura achevé sa mesure? et je suis plein d'inquiétudes jusqu'au point du jour. |
| 5 | Mon corps se couvre de vers et d'une croûte terreuse, Ma peau se crevasse et se dissout. | Ma chair est couverte de vers et de monceaux de poussière; ma peau se crevasse, et se dissout. |
| 6 | Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand, Ils s'évanouissent : plus d'espérance ! | Mes jours ont passé plus légèrement que la navette d'un tisserand, et ils se consument sans espérance. |
| 7 | Souviens-toi que ma vie est un souffle ! Mes yeux ne reverront pas le bonheur. | Souviens-toi, ô Eternel! que ma vie n'est qu'un vent, et que mon oeil ne reviendra plus voir le bien. |
| 8 | L'oeil qui me regarde ne me regardera plus ; Ton oeil me cherchera, et je ne serai plus. | L'oeil de ceux qui me regardent ne me verra plus; tes yeux seront sur moi, et je ne serai plus. |
| 9 | Comme la nuée se dissipe et s'en va, Celui qui descend au séjour des morts ne remontera pas ; | Comme la nuée se dissipe et s'en va, ainsi celui qui descend au sépulcre ne remontera plus. |
| 10 | Il ne reviendra plus dans sa maison, Et le lieu qu'il habitait ne le connaîtra plus. | Il ne reviendra plus en sa maison, et son lieu ne le reconnaîtra plus. |
| 11 | C'est pourquoi je ne retiendrai point ma bouche, Je parlerai dans l'angoisse de mon coeur, Je me plaindrai dans l'amertume de mon âme. | C'est pourquoi je ne retiendrai point ma bouche, je parlerai dans l'angoisse de mon esprit, je discourrai dans l'amertume de mon âme. |
| 12 | Suis-je une mer, ou un monstre marin, Pour que tu établisses des gardes autour de moi ? | Suis-je une mer, ou une baleine, que tu mettes des gardes autour de moi? |
| 13 | Quand je dis : Mon lit me soulagera, Ma couche calmera mes douleurs, | Quand je dis: Mon lit me soulagera; le repos diminuera quelque chose de ma plainte; |
| 14 | C'est alors que tu m'effraies par des songes, Que tu m'épouvantes par des visions. | Alors tu m'étonnes par des songes, et tu me troubles par des visions. |
| 15 | Ah ! je voudrais être étranglé ! Je voudrais la mort plutôt que ces os ! | C'est pourquoi je choisirais d'être étranglé, et de mourir, plutôt que de conserver mes os. |
| 16 | Je les méprise !... je ne vivrai pas toujours... Laisse-moi, car ma vie n'est qu'un souffle. | Je suis ennuyé de la vie, aussi ne vivrai-je pas toujours. Retire-toi de moi, car mes jours ne sont que vanité. |
| 17 | Qu'est-ce que l'homme, pour que tu en fasses tant de cas, Pour que tu daignes prendre garde à lui, | Qu'est-ce que de l'homme mortel que tu le regardes comme quelque chose de grand? et que tu l'affectionnes? |
| 18 | Pour que tu le visites tous les matins, Pour que tu l'éprouves à tous les instants ? | Et que tu le visites chaque matin; que tu l'éprouves à tout moment? |
| 19 | Quand cesseras-tu d'avoir le regard sur moi ? Quand me laisseras-tu le temps d'avaler ma salive ? | Jusqu'à quand ne te retireras-tu point de moi? Ne me permettras-tu point d'avaler ma salive? |
| 20 | Si j'ai péché, qu'ai-je pu te faire, gardien des hommes ? Pourquoi me mettre en butte à tes traits ? Pourquoi me rendre à charge à moi-même ? | J'ai péché; que te ferai-je, Conservateur des hommes? pourquoi m'as-tu mis pour t'être en butte; et pourquoi suis-je à charge à moi-même? |
| 21 | Que ne pardonnes-tu mon péché, Et que n'oublies-tu mon iniquité ? Car je vais me coucher dans la poussière ; Tu me chercheras, et je ne serai plus. | Et pourquoi n'ôtes-tu point mon péché, et ne fais-tu point passer mon iniquité? car bientôt je dormirai dans la poussière; et si tu me cherches le matin, je ne serai plus. |