| | Louis Segond | Jean Calvin |
| 1 | Le sort de l'homme sur la terre est celui d'un soldat, Et ses jours sont ceux d'un mercenaire. | L'homme n'a-t-il pas sur la terre un temps désigné, et ses jours ne sont-ils pas comme ceux d'un mercenaire? |
| 2 | Comme l'esclave soupire après l'ombre, Comme l'ouvrier attend son salaire, | Comme un esclave, il soupire après l'ombre, et, comme un mercenaire, il attend son salaire. |
| 3 | Ainsi j'ai pour partage des mois de douleur, J'ai pour mon lot des nuits de souffrance. | Ainsi j'ai reçu en partage des mois de déception, et l'on m'a assigné des nuits de fatigue. |
| 4 | Je me couche, et je dis : Quand me lèverai-je ? quand finira la nuit ? Et je suis rassasié d'agitations jusqu'au point du jour. | Si je suis couché, je dis: Quand me lèverai-je? Quand finira la nuit? Et je suis rassasié d'inquiétudes jusqu'au point du jour. |
| 5 | Mon corps se couvre de vers et d'une croûte terreuse, Ma peau se crevasse et se dissout. | Ma chair est couverte de vermine et d'écailles terreuses; ma peau se crevasse et coule. |
| 6 | Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand, Ils s'évanouissent : plus d'espérance ! | Mes jours ont passé plus légers que la navette du tisserand, et ils se consument sans espoir. |
| 7 | Souviens-toi que ma vie est un souffle ! Mes yeux ne reverront pas le bonheur. | Considère que ma vie est un souffle, et que mon oeil ne reverra plus le bonheur. |
| 8 | L'oeil qui me regarde ne me regardera plus ; Ton oeil me cherchera, et je ne serai plus. | L'oeil qui me voit, ne m'apercevra plus; tes yeux me chercheront, et je ne serai plus. |
| 9 | Comme la nuée se dissipe et s'en va, Celui qui descend au séjour des morts ne remontera pas ; | La nuée se dissipe et s'en va, ainsi celui qui descend aux enfers n'en remontera pas. |
| 10 | Il ne reviendra plus dans sa maison, Et le lieu qu'il habitait ne le connaîtra plus. | Il ne reviendra plus dans sa maison, et son lieu ne le reconnaîtra plus. |
| 11 | C'est pourquoi je ne retiendrai point ma bouche, Je parlerai dans l'angoisse de mon coeur, Je me plaindrai dans l'amertume de mon âme. | C'est pourquoi, je ne retiendrai point ma bouche, je parlerai dans la détresse de mon esprit, je me plaindrai dans l'amertume de mon âme. |
| 12 | Suis-je une mer, ou un monstre marin, Pour que tu établisses des gardes autour de moi ? | Suis-je une mer? Suis-je un monstre marin, pour que tu poses autour de moi une garde? |
| 13 | Quand je dis : Mon lit me soulagera, Ma couche calmera mes douleurs, | Quand je dis: Mon lit me consolera; ma couche me soulagera de ma peine; |
| 14 | C'est alors que tu m'effraies par des songes, Que tu m'épouvantes par des visions. | Alors, tu me terrifies par des songes, et tu m'épouvantes par des visions. |
| 15 | Ah ! je voudrais être étranglé ! Je voudrais la mort plutôt que ces os ! | Ainsi j'aime mieux étouffer, j'aime mieux mourir que conserver mes os. |
| 16 | Je les méprise !... je ne vivrai pas toujours... Laisse-moi, car ma vie n'est qu'un souffle. | Je suis ennuyé de la vie. Je ne vivrai pas toujours. Retire-toi de moi, car mes jours sont un souffle. |
| 17 | Qu'est-ce que l'homme, pour que tu en fasses tant de cas, Pour que tu daignes prendre garde à lui, | Qu'est-ce que l'homme pour que tu en fasses un si grand cas, pour que tu prennes garde à lui? |
| 18 | Pour que tu le visites tous les matins, Pour que tu l'éprouves à tous les instants ? | Pour que tu l'inspectes tous les matins, pour que tu le scrutes à chaque instant? |
| 19 | Quand cesseras-tu d'avoir le regard sur moi ? Quand me laisseras-tu le temps d'avaler ma salive ? | Quand finiras-tu de me regarder? Ne me lâcheras-tu pas, pour que j'avale ma salive? |
| 20 | Si j'ai péché, qu'ai-je pu te faire, gardien des hommes ? Pourquoi me mettre en butte à tes traits ? Pourquoi me rendre à charge à moi-même ? | Si j'ai péché, que t'ai-je fait, à toi, ô Conservateur des hommes! Pourquoi m'as-tu mis en butte à tes coups, et suis-je à charge à moi-même? |
| 21 | Que ne pardonnes-tu mon péché, Et que n'oublies-tu mon iniquité ? Car je vais me coucher dans la poussière ; Tu me chercheras, et je ne serai plus. | Et pourquoi ne pardonnes-tu pas mon péché, et ne fais-tu pas disparaître mon iniquité? Car je vais maintenant me coucher dans la poussière; tu me chercheras, et je ne serai plus. |