| | Louis Segond | Darby |
| 1 | Le sort de l'homme sur la terre est celui d'un soldat, Et ses jours sont ceux d'un mercenaire. | L'homme n'a-t-il pas une vie de labeur sur la terre? Et ses jours ne sont-ils pas comme les jours d'un mercenaire? |
| 2 | Comme l'esclave soupire après l'ombre, Comme l'ouvrier attend son salaire, | Comme l'esclave soupire après l'ombre, et comme le mercenaire attend son salaire, |
| 3 | Ainsi j'ai pour partage des mois de douleur, J'ai pour mon lot des nuits de souffrance. | j'ai eu pour partage des mois de déception, et des nuits de misère me sont assignées. |
| 4 | Je me couche, et je dis : Quand me lèverai-je ? quand finira la nuit ? Et je suis rassasié d'agitations jusqu'au point du jour. | Si je me couche, alors je dis: Quand me lèverai-je et quand l'obscurité prendra-t-elle fin? et je suis excédé d'agitations jusqu'au point du jour. |
| 5 | Mon corps se couvre de vers et d'une croûte terreuse, Ma peau se crevasse et se dissout. | Ma chair est couverte de vers et de croûtes de terre, ma peau se retire et suppure. |
| 6 | Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand, Ils s'évanouissent : plus d'espérance ! | Mes jours s'en vont plus vite qu'une navette, et finissent sans espérance. |
| 7 | Souviens-toi que ma vie est un souffle ! Mes yeux ne reverront pas le bonheur. | Souviens-toi que ma vie n'est qu'un souffle: mon oeil ne reverra pas le bien; |
| 8 | L'oeil qui me regarde ne me regardera plus ; Ton oeil me cherchera, et je ne serai plus. | L'oeil qui me regarde ne me reverra plus; tes yeux sont sur moi, et je ne suis plus. |
| 9 | Comme la nuée se dissipe et s'en va, Celui qui descend au séjour des morts ne remontera pas ; | La nuée disparaît et s'en va; ainsi celui qui descend au shéol n'en remonte pas, |
| 10 | Il ne reviendra plus dans sa maison, Et le lieu qu'il habitait ne le connaîtra plus. | Il ne revient plus dans sa maison, et son lieu ne le reconnaît plus. |
| 11 | C'est pourquoi je ne retiendrai point ma bouche, Je parlerai dans l'angoisse de mon coeur, Je me plaindrai dans l'amertume de mon âme. | Aussi je ne retiendrai pas ma bouche: je parlerai dans la détresse de mon esprit, je discourrai dans l'amertume de mon âme. |
| 12 | Suis-je une mer, ou un monstre marin, Pour que tu établisses des gardes autour de moi ? | Suis-je une mer, suis-je un monstre marin, que tu établisses des gardes autour de moi? |
| 13 | Quand je dis : Mon lit me soulagera, Ma couche calmera mes douleurs, | Quand je dis: Mon lit me consolera, ma couche allégera ma détresse, |
| 14 | C'est alors que tu m'effraies par des songes, Que tu m'épouvantes par des visions. | Alors tu m'effrayes par des songes, tu me terrifies par des visions, |
| 15 | Ah ! je voudrais être étranglé ! Je voudrais la mort plutôt que ces os ! | Et mon âme choisit la suffocation, - plutôt la mort que mes os: |
| 16 | Je les méprise !... je ne vivrai pas toujours... Laisse-moi, car ma vie n'est qu'un souffle. | J'en suis dégoûté; je ne vivrai pas à toujours. Laisse-moi, car mes jours sont vanité. |
| 17 | Qu'est-ce que l'homme, pour que tu en fasses tant de cas, Pour que tu daignes prendre garde à lui, | Qu'est-ce que l'homme que tu fasses grand cas de lui, et que ton coeur s'occupe de lui, |
| 18 | Pour que tu le visites tous les matins, Pour que tu l'éprouves à tous les instants ? | Et que tu le visites chaque matin, que tu l'éprouves à tout moment? |
| 19 | Quand cesseras-tu d'avoir le regard sur moi ? Quand me laisseras-tu le temps d'avaler ma salive ? | Pourquoi ne détournes-tu pas les yeux de moi, et ne me laisses-tu pas tranquille jusqu'à ce que j'aie avalé ma salive? |
| 20 | Si j'ai péché, qu'ai-je pu te faire, gardien des hommes ? Pourquoi me mettre en butte à tes traits ? Pourquoi me rendre à charge à moi-même ? | J'ai péché; - que t'ai-je fait? Toi qui observes l'homme, pourquoi m'as-tu placé pour être l'objet de tes coups, de sorte que je suis un fardeau à moi-même? |
| 21 | Que ne pardonnes-tu mon péché, Et que n'oublies-tu mon iniquité ? Car je vais me coucher dans la poussière ; Tu me chercheras, et je ne serai plus. | Et pourquoi ne pardonnes-tu pas ma transgression, et ne fais-tu point passer mon iniquité? Car maintenant je me coucherai dans la poussière, et tu me chercheras, et je ne serai plus. |