| | Louis Segond | Ostervald |
| 1 | Après cela, Job ouvrit la bouche et maudit le jour de sa naissance. | Après cela, Job ouvrit la bouche et maudit le jour de sa naissance. |
| 2 | Il prit la parole et dit : | Et, prenant la parole, Job dit: |
| 3 | Périsse le jour où je suis né, Et la nuit qui dit : Un enfant mâle est conçu ! | Périsse le jour où je suis né, et la nuit qui a dit: Un homme est conçu! |
| 4 | Ce jour ! qu'il se change en ténèbres, Que Dieu n'en ait point souci dans le ciel, Et que la lumière ne rayonne plus sur lui ! | Que ce jour soit ténèbres, que Dieu ne s'en enquière pas d'en haut, qu'aucune lumière ne brille sur lui! |
| 5 | Que l'obscurité et l'ombre de la mort s'en emparent, Que des nuées établissent leur demeure au-dessus de lui, Et que de noirs phénomènes l'épouvantent ! | Que les ténèbres et l'ombre de la mort le reprennent, qu'une sombre nuée demeure sur lui, qu'une éclipse le remplisse d'horreur! |
| 6 | Cette nuit ! que les ténèbres en fassent leur proie, Qu'elle disparaisse de l'année, Qu'elle ne soit plus comptée parmi les mois ! | Que l'obscurité s'empare de cette nuit, qu'elle ne se réjouisse pas au milieu des jours de l'année, qu'elle n'entre pas dans le compte des mois! |
| 7 | Que cette nuit devienne stérile, Que l'allégresse en soit bannie ! | Voici, que cette nuit soit stérile, et qu'aucun cri de joie n'y survienne! |
| 8 | Qu'elle soit maudite par ceux qui maudissent les jours, Par ceux qui savent exciter le léviathan ! | Qu'ils la maudissent ceux qui maudissent les jours, ceux qui sont habiles à faire lever Léviathan! |
| 9 | Que les étoiles de son crépuscule s'obscurcissent, Qu'elle attende en vain la lumière, Et qu'elle ne voie point les paupières de l'aurore ! | Que les étoiles de son crépuscule soient obscurcies, qu'elle attende la lumière et qu'il n'y en ait point, et qu'elle ne voie pas les paupières de l'aurore! |
| 10 | Car elle n'a pas fermé le sein qui me conçut, Ni dérobé la souffrance à mes regards. | Parce qu'elle n'a pas fermé le sein qui me porta, et n'a point caché la douleur à mes yeux! |
| 11 | Pourquoi ne suis-je pas mort dans le ventre de ma mère ? Pourquoi n'ai-je pas expiré au sortir de ses entrailles ? | Que ne suis-je mort dès le sein de ma mère? Au sortir de ses flancs, que n'ai-je expiré? |
| 12 | Pourquoi ai-je trouvé des genoux pour me recevoir, Et des mamelles pour m'allaiter ? | Pourquoi des genoux se sont-ils présentés à moi, et pourquoi des mamelles pour être sucées? |
| 13 | Je serais couché maintenant, je serais tranquille, Je dormirais, je reposerais, | Car, maintenant, je serais couché et tranquille, je dormirais, je serais en repos, |
| 14 | Avec les rois et les grands de la terre, Qui se bâtirent des mausolées, | Avec les rois et les arbitres de la terre, qui se bâtissent des mausolées, |
| 15 | Avec les princes qui avaient de l'or, Et qui remplirent d'argent leurs demeures. | Avec les princes qui ont de l'or, qui remplissent d'argent leurs maisons. |
| 16 | Ou je n'existerais pas, je serais comme un avorton caché, Comme des enfants qui n'ont pas vu la lumière. | Ou bien, comme l'avorton caché, je n'existerais pas; comme les petits enfants qui n'ont pas vu la lumière. |
| 17 | Là ne s'agitent plus les méchants, Et là se reposent ceux qui sont fatigués et sans force ; | Là, les méchants ne tourmentent plus personne, et là se reposent les hommes fatigués; |
| 18 | Les captifs sont tous en paix, Ils n'entendent pas la voix de l'oppresseur ; | Avec eux, les captifs sont tranquilles: ils n'entendent plus la voix de l'exacteur. |
| 19 | Le petit et le grand sont là, Et l'esclave n'est plus soumis à son maître. | Là, le petit et le grand sont ensemble, et l'esclave est délivré de son maître. |
| 20 | Pourquoi donne-t-il la lumière à celui qui souffre, Et la vie à ceux qui ont l'amertume dans l'âme, | Pourquoi donne-t-on la lumière au malheureux, et la vie à ceux dont l'âme est pleine d'amertume? |
| 21 | Qui espèrent en vain la mort, Et qui la convoitent plus qu'un trésor, | Qui attendent la mort, et elle ne vient point, qui la recherchent plus qu'un trésor, |
| 22 | Qui seraient transportés de joie Et saisis d'allégresse, s'ils trouvaient le tombeau ? | Qui seraient contents jusqu'à l'allégresse et ravis de joie, s'ils trouvaient le tombeau? |
| 23 | A l'homme qui ne sait où aller, Et que Dieu cerne de toutes parts ? | A l'homme qui ne connaît pas sa voie et que Dieu cerne de tous côtés? |
| 24 | Mes soupirs sont ma nourriture, Et mes cris se répandent comme l'eau. | Car je soupire au lieu de manger, et mes cris se répandent comme l'eau. |
| 25 | Ce que je crains, c'est ce qui m'arrive ; Ce que je redoute, c'est ce qui m'atteint. | Ce que je crains m'arrive, et ce que j'appréhende vient sur moi. |
| 26 | Je n'ai ni tranquillité, ni paix, ni repos, Et le trouble s'est emparé de moi. | Je n'ai ni paix, ni tranquillité, ni repos! Le tourment est venu! |