| | Louis Segond | Abbé Crampon |
| 1 | Job prit de nouveau la parole sous forme sentencieuse et dit : | Job reprit son discours et dit : |
| 2 | Dieu qui me refuse justice est vivant ! Le Tout Puissant qui remplit mon âme d'amertume est vivant ! | Par le Dieu vivant qui me refuse justice, par le Tout-Puissant qui remplit mon âme d'amertume : |
| 3 | Aussi longtemps que j'aurai ma respiration, Et que le souffle de Dieu sera dans mes narines, | aussi longtemps que j'aurai la respiration, que le souffle de Dieu sera dans mes narines, |
| 4 | Mes lèvres ne prononceront rien d'injuste, Ma langue ne dira rien de faux. | mes lèvres ne prononceront rien d'inique, ma langue ne proférera pas le mensonge. |
| 5 | Loin de moi la pensée de vous donner raison ! Jusqu'à mon dernier soupir je défendrai mon innocence ; | Loin de moi la pensée de vous donner raison! Jusqu'à ce que j'expire, je défendrai mon innocence. |
| 6 | Je tiens à me justifier, et je ne faiblirai pas ; Mon coeur ne me fait de reproche sur aucun de mes jours. | J'ai entrepris ma justification, je ne l'abandonnerai pas; mon coeur ne condamne aucun de mes jours. |
| 7 | Que mon ennemi soit comme le méchant, Et mon adversaire comme l'impie ! | Que mon ennemi soit traité comme le méchant! Que mon adversaire ait le sort de l'impie! |
| 8 | Quelle espérance reste-t-il à l'impie, Quand Dieu coupe le fil de sa vie, Quand il lui retire son âme ? | Quel sera l'espoir de l'impie quand Dieu le retranchera, quand il retirera son âme ? |
| 9 | Est-ce que Dieu écoute ses cris, Quand l'angoisse vient l'assaillir ? | Est-ce que Dieu écoutera ses cris, au jour où l'angoisse viendra sur lui ? |
| 10 | Fait-il du Tout Puissant ses délices ? Adresse-t-il en tout temps ses prières à Dieu ? | Trouve-t-il ses délices dans le Tout-Puissant ? Adresse-t-il en tout temps ses prières à Dieu ? |
| 11 | Je vous enseignerai les voies de Dieu, Je ne vous cacherai pas les desseins du Tout Puissant. | Je vous enseignerai la conduite de Dieu, et je ne vous cacherai pas les desseins du Tout-Puissant. |
| 12 | Mais vous les connaissez, et vous êtes d'accord ; Pourquoi donc vous laisser aller à de vaines pensées ? | Voici que vous-mêmes, vous avez tous vu; pourquoi donc discourez-vous en vain ? |
| 13 | Voici la part que Dieu réserve au méchant, L'héritage que le Tout Puissant destine à l'impie. | Voici la part que Dieu réserve au méchant, l'héritage que les violents reçoivent du Tout-Puissant. |
| 14 | S'il a des fils en grand nombre, c'est pour le glaive, Et ses rejetons manquent de pain ; | S'il a des fils en grand nombre, c'est pour le glaive; ses rejetons ne seront pas rassasiés de pain. |
| 15 | Ceux qui échappent sont enterrés par la peste, Et leurs veuves ne les pleurent pas. | Ses survivants seront ensevelis dans la mort, leurs veuves ne les pleureront pas. |
| 16 | S'il amasse l'argent comme la poussière, S'il entasse les vêtements comme la boue, | S'il amasse l'argent comme la poussière, s'il entasse les vêtements comme la boue, |
| 17 | C'est lui qui entasse, mais c'est le juste qui se revêt, C'est l'homme intègre qui a l'argent en partage. | c'est lui qui entasse, mais c'est le juste qui les porte, c'est le juste qui hérite de ton argent. |
| 18 | Sa maison est comme celle que bâtit la teigne, Comme la cabane que fait un gardien. | Sa maison est comme celle que bâtit la teigne, comme la hutte que se construit le gardien des vignes. |
| 19 | Il se couche riche, et il meurt dépouillé ; Il ouvre les yeux, et tout a disparu. | Le riche se couche, c'est pour la dernière fois; il ouvre les yeux, il n'est plus. |
| 20 | Les terreurs le surprennent comme des eaux ; Un tourbillon l'enlève au milieu de la nuit. | Les terreurs fondent sur lui comme des eaux, un tourbillon l'enlève au milieu de la nuit. |
| 21 | Le vent d'orient l'emporte, et il s'en va ; Il l'arrache violemment de sa demeure. | Le vent d'orient l'emporte, et il disparaît; il l'arrache violemment de sa demeure. |
| 22 | Dieu lance sans pitié des traits contre lui, Et le méchant voudrait fuir pour les éviter. | Dieu lance sur lui ses traits sans pitié, il fuit éperdu loin de sa main; |
| 23 | On bat des mains à sa chute, Et on le siffle à son départ. | on bat des mains à son sujet, de sa demeure on siffle sur lui. |