| | Louis Segond | Abbé Crampon |
| 1 | Pourquoi le Tout Puissant ne met-il pas des temps en réserve, Et pourquoi ceux qui le connaissent ne voient-ils pas ses jours ? | Pourquoi n'y a-t-il pas de temps réservés par le Tout-Puissant, et ceux qui le servent ne voient-ils pas son jour ? |
| 2 | On déplace les bornes, On vole des troupeaux, et on les fait paître ; | On voit des hommes qui déplacent les bornes, qui font paître le troupeau qu'ils ont volé. |
| 3 | On enlève l'âne de l'orphelin, On prend pour gage le boeuf de la veuve ; | Ils poussent devant eux l'âne de l'orphelin, et retiennent en gage le boeuf de la veuve. |
| 4 | On repousse du chemin les indigents, On force tous les malheureux du pays à se cacher. | Ils forcent les pauvres à se détourner du chemin; tous les humbles du pays sont réduits à se cacher. |
| 5 | Et voici, comme les ânes sauvages du désert, Ils sortent le matin pour chercher de la nourriture, Ils n'ont que le désert pour trouver le pain de leurs enfants ; | Comme l'onagre dans la solitude, ils sortent pour leur travail, dès le matin, cherchant leur nourriture. Le désert leur fournit la subsistance de leurs enfants; |
| 6 | Ils coupent le fourrage qui reste dans les champs, Ils grappillent dans la vigne de l'impie ; | ils coupent les épis dans les champs, ils maraudent dans la vigne de leur oppresseur. |
| 7 | Ils passent la nuit dans la nudité, sans vêtement, Sans couverture contre le froid ; | Nus, ils passent la nuit, faute de vêtements, sans couverture contre le froid. |
| 8 | Ils sont percés par la pluie des montagnes, Et ils embrassent les rochers comme unique refuge. | La pluie des montagnes les pénètre; à défaut d'abri, ils se blottissent contre le rocher. |
| 9 | On arrache l'orphelin à la mamelle, On prend des gages sur le pauvre. | Ils arrachent l'orphelin à la mamelle, ils prennent des gages sur les pauvres. |
| 10 | Ils vont tout nus, sans vêtement, Ils sont affamés, et ils portent les gerbes ; | Ceux-ci, tout nus, sans vêtements, portent, affamés, les gerbes du maître; |
| 11 | Dans les enclos de l'impie ils font de l'huile, Ils foulent le pressoir, et ils ont soif ; | Ils expriment l'huile dans ses celliers. Ils foulent sa vendange, et ils ont soif. |
| 12 | Dans les villes s'exhalent les soupirs des mourants, L'âme des blessés jette des cris... Et Dieu ne prend pas garde à ces infamies ! | Du sein des villes s'élèvent les gémissements des hommes, et l'âme des blessés crie; et Dieu ne prend pas garde à ces forfaits! |
| 13 | D'autres sont ennemis de la lumière, Ils n'en connaissent pas les voies, Ils n'en pratiquent pas les sentiers. | D'autres sont parmi les ennemis de la lumière, ils n'en connaissent pas les voies, ils ne se tiennent pas dans ses sentiers. |
| 14 | L'assassin se lève au point du jour, Tue le pauvre et l'indigent, Et il dérobe pendant la nuit. | L'assassin se lève au point du jour; il tue le pauvre et l'indigent, il rôde la nuit comme un voleur. |
| 15 | L'oeil de l'adultère épie le crépuscule ; Personne ne me verra, dit-il, Et il met un voile sur sa figure. | L'oeil de l'adultère épie le crépuscule; « Personne ne me voit, » dit-il, et il jette un voile sur son visage. |
| 16 | La nuit ils forcent les maisons, Le jour ils se tiennent enfermés ; Ils ne connaissent pas la lumière. | La nuit, d'autres forcent les maisons, le jour, ils se tiennent cachés : ils ne connaissent pas la lumière. |
| 17 | Pour eux, le matin c'est l'ombre de la mort, Ils en éprouvent toutes les terreurs. | Pour eux, le matin est comme l'ombre de la mort, car les horreurs de la nuit leur sont familières. |
| 18 | Eh quoi ! l'impie est d'un poids léger sur la face des eaux, Il n'a sur la terre qu'une part maudite, Il ne prend jamais le chemin des vignes ! | Ah! L'impie glisse comme un corps léger sur la face des eaux, il n'a sur la terre qu'une part maudite, il ne se dirige pas sur le chemin des vignes! |
| 19 | Comme la sécheresse et la chaleur absorbent les eaux de la neige, Ainsi le séjour des morts engloutit ceux qui pèchent ! | Comme la sécheresse et la chaleur absorbent l'eau des neiges, ainsi le schéol engloutit les pécheurs! |
| 20 | Quoi ! le sein maternel l'oublie, Les vers en font leurs délices, On ne se souvient plus de lui ! L'impie est brisé comme un arbre, | Ah! Le sein maternel l'oublie, les vers en font leurs délices; on ne se souvient plus de lui, et l'iniquité est brisée comme un arbre. |
| 21 | Lui qui dépouille la femme stérile et sans enfants, Lui qui ne répand aucun bienfait sur la veuve !... | Il dévorait la femme stérile et sans enfants, il ne faisait pas de bien à la veuve!... |
| 22 | Non ! Dieu par sa force prolonge les jours des violents, Et les voilà debout quand ils désespéraient de la vie ; | Mais Dieu par sa force ébranle les puissants, il se lève, et ils ne comptent plus sur la vie; |
| 23 | Il leur donne de la sécurité et de la confiance, Il a les regards sur leurs voies. | il leur donne la sécurité et la confiance, et ses yeux veillent sur leurs voies. |
| 24 | Ils se sont élevés ; et en un instant ils ne sont plus, Ils tombent, ils meurent comme tous les hommes, Ils sont coupés comme la tête des épis. | Ils se sont élevés, et en un instant ils ne sont plus; ils tombent, ils sont moissonnés comme tous les hommes; ils sont coupés comme la tête des épis. |
| 25 | S'il n'en est pas ainsi, qui me démentira, Qui réduira mes paroles à néant ? | S'il n'en est pas ainsi, qui me convaincra de mensonge ? Qui réduira mes paroles à néant ? |