| | Version Louis Segond |
| 1 | Job prit la parole et dit : |
| 2 | Maintenant encore ma plainte est une révolte, Mais la souffrance étouffe mes soupirs. |
| 3 | Oh ! si je savais où le trouver, Si je pouvais arriver jusqu'à son trône, |
| 4 | Je plaiderais ma cause devant lui, Je remplirais ma bouche d'arguments, |
| 5 | Je connaîtrais ce qu'il peut avoir à répondre, Je verrais ce qu'il peut avoir à me dire. |
| 6 | Emploierait-il toute sa force à me combattre ? Ne daignerait-il pas au moins m'écouter ? |
| 7 | Ce serait un homme droit qui plaiderait avec lui, Et je serais pour toujours absous par mon juge. |
| 8 | Mais, si je vais à l'orient, il n'y est pas ; Si je vais à l'occident, je ne le trouve pas ; |
| 9 | Est-il occupé au nord, je ne puis le voir ; Se cache-t-il au midi, je ne puis le découvrir. |
| 10 | Il sait néanmoins quelle voie j'ai suivie ; Et, s'il m'éprouvait, je sortirais pur comme l'or. |
| 11 | Mon pied s'est attaché à ses pas ; J'ai gardé sa voie, et je ne m'en suis point détourné. |
| 12 | Je n'ai pas abandonné les commandements de ses lèvres ; J'ai fait plier ma volonté aux paroles de sa bouche. |
| 13 | Mais sa résolution est arrêtée ; qui s'y opposera ? Ce que son âme désire, il l'exécute. |
| 14 | Il accomplira donc ses desseins à mon égard, Et il en concevra bien d'autres encore. |
| 15 | Voilà pourquoi sa présence m'épouvante ; Quand j'y pense, j'ai peur de lui. |
| 16 | Dieu a brisé mon courage, Le Tout Puissant m'a rempli d'effroi. |
| 17 | Car ce ne sont pas les ténèbres qui m'anéantissent, Ce n'est pas l'obscurité dont je suis couvert. |