| | Louis Segond | Abbé Crampon |
| 1 | Mon souffle se perd, Mes jours s'éteignent, Le sépulcre m'attend. | Mon souffle s'épuise, mes jours s'éteignent, il ne me reste plus que le tombeau. |
| 2 | Je suis environné de moqueurs, Et mon oeil doit contempler leurs insultes. | Je suis environné de moqueurs, mon oeil veille au milieu de leurs outrages. |
| 3 | Sois auprès de toi-même ma caution ; Autrement, qui répondrait pour moi ? | O Dieu, fais-toi auprès de toi-même ma caution : quel autre voudrait me frapper dans la main ? |
| 4 | Car tu as fermé leur coeur à l'intelligence ; Aussi ne les laisseras-tu pas triompher. | Car tu as fermé leur coeur à la sagesse; ne permets donc pas qu'ils s'élèvent. |
| 5 | On invite ses amis au partage du butin, Et l'on a des enfants dont les yeux se consument. | Tel invite ses amis au partage, quand défaillent les yeux de ses enfants. |
| 6 | Il m'a rendu la fable des peuples, Et ma personne est un objet de mépris. | Il a fait de moi la risée des peuples; je suis l'homme à qui l'on crache au visage. |
| 7 | Mon oeil est obscurci par la douleur ; Tous mes membres sont comme une ombre. | Mon oeil est voilé par le chagrin, et tous mes membres ne sont plus qu'une ombre. |
| 8 | Les hommes droits en sont stupéfaits, Et l'innocent se soulève contre l'impie. | Les hommes droits en sont stupéfaits, et l'innocent s'irrite contre l'impie. |
| 9 | Le juste néanmoins demeure ferme dans sa voie, Celui qui a les mains pures se fortifie de plus en plus. | Le juste néanmoins demeure ferme dans sa voie, et qui a les mains pures redouble de courage. |
| 10 | Mais vous tous, revenez à vos mêmes discours, Et je ne trouverai pas un sage parmi vous. | Mais vous tous, revenez, venez donc; ne trouverai-je pas un sage parmi vous ? |
| 11 | Quoi ! mes jours sont passés, mes projets sont anéantis, Les projets qui remplissaient mon coeur... | Mes jours sont écoulés, mes projets anéantis, ces projets que caressait mon coeur. |
| 12 | Et ils prétendent que la nuit c'est le jour, Que la lumière est proche quand les ténèbres sont là ! | De la nuit ils font le jour; en face des ténèbres, ils disent que la lumière est proche! |
| 13 | C'est le séjour des morts que j'attends pour demeure, C'est dans les ténèbres que je dresserai ma couche ; | J'ai beau attendre, le schéol est ma demeure; dans les ténèbres j'ai disposé ma couche. |
| 14 | Je crie à la fosse : Tu es mon père ! Et aux vers : Vous êtes ma mère et ma soeur ! | J'ai dit à la fosse : « Tu es mon père; » aux vers : « Vous êtes ma mère et ma soeur! » |
| 15 | Mon espérance, où donc est-elle ? Mon espérance, qui peut la voir ? | Où est donc mon espérance ? Mon espérance, qui peut la voir ? |
| 16 | Elle descendra vers les portes du séjour des morts, Quand nous irons ensemble reposer dans la poussière. | Elle est descendue aux portes du schéol, si du moins dans la poussière on trouve du repos!... |