| | Louis Segond | Abbé Crampon |
| 1 | Voici, mon oeil a vu tout cela, Mon oreille l'a entendu et y a pris garde. | Voilà que mon oeil a vu tout cela, mon oreille l'a entendu et compris. |
| 2 | Ce que vous savez, je le sais aussi, Je ne vous suis point inférieur. | Ce que vous savez, moi aussi je le sais, je ne vous suis en rien inférieur. |
| 3 | Mais je veux parler au Tout Puissant, Je veux plaider ma cause devant Dieu ; | Mais je veux parler au Tout-Puissant, je veux plaider ma cause avec Dieu. |
| 4 | Car vous, vous n'imaginez que des faussetés, Vous êtes tous des médecins de néant. | Car vous n'êtes que des charlatans, vous êtes tous des médecins inutiles. |
| 5 | Que n'avez-vous gardé le silence ? Vous auriez passé pour avoir de la sagesse. | Que ne gardiez-vous le silence! Il vous eût tenu lieu de sagesse. |
| 6 | Écoutez, je vous prie, ma défense, Et soyez attentifs à la réplique de mes lèvres. | Ecoutez, je vous prie, ma défense, soyez attentifs au plaidoyer de mes lèvres. |
| 7 | Direz-vous en faveur de Dieu ce qui est injuste, Et pour le soutenir alléguerez-vous des faussetés ? | Parlerez-vous mensonge en faveur de Dieu, pour lui, parlerez-vous tromperie ? |
| 8 | Voulez-vous avoir égard à sa personne ? Voulez-vous plaider pour Dieu ? | Ferez-vous pour Dieu acception de personnes, vous constituerez-vous avocats ? |
| 9 | S'il vous sonde, vous approuvera-t-il ? Ou le tromperez-vous comme on trompe un homme ? | Vous en saura-t-il gré, s'il sonde vos coeurs ? Le tromperez-vous comme on trompe un homme ? |
| 10 | Certainement il vous condamnera, Si vous n'agissez en secret que par égard pour sa personne. | Certainement il vous condamnera, si vous faites en secret acception de personnes. |
| 11 | Sa majesté ne vous épouvantera-t-elle pas ? Sa terreur ne tombera-t-elle pas sur vous ? | Oui, sa majesté vous épouvantera, ses terreurs tomberont sur vous. |
| 12 | Vos sentences sont des sentences de cendre, Vos retranchements sont des retranchements de boue. | Vos arguments sont des raisons de poussière, vos forteresses sont des forteresses d'argile. |
| 13 | Taisez-vous, laissez-moi, je veux parler ! Il m'en arrivera ce qu'il pourra. | Taisez-vous, laissez-moi, je veux parler; il m'en arrivera ce qu'il pourra. |
| 14 | Pourquoi saisirais-je ma chair entre les dents ? J'exposerai plutôt ma vie. | Je veux prendre ma chair entre les dents, je veux mettre mon âme dans ma main. |
| 15 | Voici, il me tuera ; je n'ai rien à espérer ; Mais devant lui je défendrai ma conduite. | Quand il me tuerait, que je n'aurais rien à espérer, je défendrai devant lui ma conduite. |
| 16 | Cela même peut servir à mon salut, Car un impie n'ose paraître en sa présence. | Mais il sera mon salut, car l'impie ne saurait paraître en sa présence. |
| 17 | Écoutez, écoutez mes paroles, Prêtez l'oreille à ce que je vais dire. | Ecoutez donc mes paroles, prêtez l'oreille à mon discours. |
| 18 | Me voici prêt à plaider ma cause ; Je sais que j'ai raison. | Voici que j'ai préparé ma cause, je sais que je serai justifié. |
| 19 | Quelqu'un disputera-t-il contre moi ? Alors je me tais, et je veux mourir. | Est-il quelqu'un qui veuille plaider contre moi ? A l'instant même je veux me taire et mourir. |
| 20 | Seulement, accorde-moi deux choses Et je ne me cacherai pas de loin de ta face : | Seulement épargne-moi deux choses, ô Dieu, et je ne me cacherai pas devant ta face : |
| 21 | Retire ta main de dessus moi, Et que tes terreurs ne me troublent plus. | éloigne ta main de dessus moi, et que tes terreurs ne m'épouvantent plus. |
| 22 | Puis appelle, et je répondrai, Ou si je parle, réponds-moi ! | Après cela, appelle, et je répondrai; ou bien je parlerai d'abord, et tu me répondras. |
| 23 | Quel est le nombre de mes iniquités et de mes péchés ? Fais-moi connaître mes transgressions et mes péchés. | Quel est le nombre de mes iniquités et de mes péchés ? Fais-moi connaître mes transgressions et mes offenses. |
| 24 | Pourquoi caches-tu ton visage, Et me prends-tu pour ton ennemi ? | Pourquoi cacher ainsi ton visage, et me regarder comme ton ennemi! |
| 25 | Veux-tu frapper une feuille agitée ? Veux-tu poursuivre une paille desséchée ? | Veux-tu donc effrayer une feuille agitée par le vent, poursuivre une paille desséchée, |
| 26 | Pourquoi m'infliger d'amères souffrances, Me punir pour des fautes de jeunesse ? | pour que tu écrives contre moi des choses amères, pour que tu m'imputes les fautes de ma jeunesse, |
| 27 | Pourquoi mettre mes pieds dans les ceps, Surveiller tous mes mouvements, Tracer une limite à mes pas, | pour que tu mettes mes pieds dans les ceps, que tu observes toutes mes démarches, que tu traces une limite à la plante de mes pieds, |
| 28 | Quand mon corps tombe en pourriture, Comme un vêtement que dévore la teigne ? | alors que mon corps se consume comme un bois vermoulu, comme un vêtement que dévore la teigne. |