| | Louis Segond | David Martin |
| 1 | Mon âme est dégoûtée de la vie ! Je donnerai cours à ma plainte, Je parlerai dans l'amertume de mon âme. | Mon âme est ennuyée de ma vie; je m'abandonnerai à ma plainte, je parlerai dans l'amertume de mon âme. |
| 2 | Je dis à Dieu : Ne me condamne pas ! Fais-moi savoir pourquoi tu me prends à partie ! | Je dirai à Dieu: Ne me condamne point; montre-moi pourquoi tu plaides contre moi? |
| 3 | Te paraît-il bien de maltraiter, De repousser l'ouvrage de tes mains, Et de faire briller ta faveur sur le conseil des méchants ? | Te plais-tu à m'opprimer, et à dédaigner l'ouvrage de tes mains, et à bénir les desseins des méchants? |
| 4 | As-tu des yeux de chair, Vois-tu comme voit un homme ? | As-tu des yeux de chair? vois-tu comme voit un homme mortel? |
| 5 | Tes jours sont-ils comme les jours de l'homme, Et tes années comme ses années, | Tes jours sont-ils comme les jours de l'homme mortel? tes années sont-elles comme les jours de l'homme? |
| 6 | Pour que tu recherches mon iniquité, Pour que tu t'enquières de mon péché, | Que tu recherches mon iniquité, et que tu t'informes de mon péché! |
| 7 | Sachant bien que je ne suis pas coupable, Et que nul ne peut me délivrer de ta main ? | Tu sais que je n'ai point commis de crime, et qu'il n'y a personne qui me délivre de ta main. |
| 8 | Tes mains m'ont formé, elles m'ont créé, Elles m'ont fait tout entier... Et tu me détruirais ! | Tes mains m'ont formé, et elles ont rangé toutes les parties de mon corps; et tu me détruirais! |
| 9 | Souviens-toi que tu m'as façonné comme de l'argile ; Voudrais-tu de nouveau me réduire en poussière ? | Souviens-toi, je te prie, que tu m'as formé comme de la boue, et que tu me feras retourner en poudre. |
| 10 | Ne m'as-tu pas coulé comme du lait ? Ne m'as-tu pas caillé comme du fromage ? | Ne m'as-tu pas coulé comme du lait? et ne m'as-tu pas fait cailler comme un fromage? |
| 11 | Tu m'as revêtu de peau et de chair, Tu m'as tissé d'os et de nerfs ; | Tu m'as revêtu de peau et de chair, et tu m'as composé d'os et de nerfs. |
| 12 | Tu m'as accordé ta grâce avec la vie, Tu m'as conservé par tes soins et sous ta garde. | Tu m'as donné la vie, et tu as usé de miséricorde envers moi, et par tes soins continuels tu as gardé mon esprit. |
| 13 | Voici néanmoins ce que tu cachais dans ton coeur, Voici, je le sais, ce que tu as résolu en toi-même. | Et cependant tu gardais ces choses en ton coeur; mais je connais que cela était par-devers toi. |
| 14 | Si je pèche, tu m'observes, Tu ne pardonnes pas mon iniquité. | Si j'ai péché, tu m'as aussi remarqué; et tu ne m'as point tenu quitte de mon iniquité. |
| 15 | Suis-je coupable, malheur à moi ! Suis-je innocent, je n'ose lever la tête, Rassasié de honte et absorbé dans ma misère. | Si j'ai fait méchamment, malheur à moi! si j'ai été juste, je n'en lève pas la tête plus haut. Je suis rempli d'ignominie; mais regarde mon affliction. |
| 16 | Et si j'ose la lever, tu me poursuis comme un lion, Tu me frappes encore par des prodiges. | Elle va en augmentant; tu chasses après moi, comme un grand lion, et tu y reviens; tu te montres merveilleux contre moi. |
| 17 | Tu m'opposes de nouveaux témoins, Tu multiplies tes fureurs contre moi, Tu m'assailles d'une succession de calamités. | Tu renouvelles tes témoins contre moi, et ton indignation augmente contre moi. De nouvelles troupes toutes fraîches viennent contre moi. |
| 18 | Pourquoi m'as-tu fait sortir du sein de ma mère ? Je serais mort, et aucun oeil ne m'aurait vu ; | Et pourquoi m'as-tu tiré de la matrice? que n'y suis-je expiré, afin qu'aucun oeil ne m'eût vu! |
| 19 | Je serais comme si je n'eusse pas existé, Et j'aurais passé du ventre de ma mère au sépulcre. | Et que j'eusse été comme n'ayant jamais été, et que j'eusse été porté du ventre de ma mère au sépulcre! |
| 20 | Mes jours ne sont-ils pas en petit nombre ? Qu'il me laisse, Qu'il se retire de moi, et que je respire un peu, | Mes jours ne sont-ils pas en petit nombre? Cesse donc et te retire de moi, et permets que je me renforce un peu. |
| 21 | Avant que je m'en aille, pour ne plus revenir, Dans le pays des ténèbres et de l'ombre de la mort, | Avant que j'aille au lieu d'où je ne reviendrai plus; en la terre de ténèbres, et de l'ombre de la mort; |
| 22 | Pays d'une obscurité profonde, Où règnent l'ombre de la mort et la confusion, Et où la lumière est semblable aux ténèbres. | Terre d'une grande obscurité, comme étant les ténèbres de l'ombre de la mort, où il n'y a aucun ordre, et où rien ne luit que des ténèbres. |