| | Version Louis Segond |
| 1 | Fuyez, enfants de Benjamin, du milieu de Jérusalem, Sonnez de la trompette à Tekoa, Élevez un signal à Beth Hakkérem ! Car on voit venir du septentrion le malheur Et un grand désastre. |
| 2 | La belle et la délicate, Je la détruis, la fille de Sion ! |
| 3 | Vers elle marchent des bergers avec leurs troupeaux ; Ils dressent des tentes autour d'elle, Ils broutent chacun sa part. - |
| 4 | Préparez-vous à l'attaquer ! Allons ! montons en plein midi !... Malheureusement pour nous, le jour baisse, Les ombres du soir s'allongent. |
| 5 | Allons ! montons de nuit ! Détruisons ses palais ! - |
| 6 | Car ainsi parle l'Éternel des armées : Abattez les arbres, Élevez des terrasses contre Jérusalem ! C'est la ville qui doit être châtiée ; Il n'y a qu'oppression au milieu d'elle. |
| 7 | Comme un puits fait jaillir ses eaux, Ainsi elle fait jaillir sa méchanceté ; Il n'est bruit en son sein que de violence et de ruine ; Sans cesse à mes regards s'offrent la douleur et les plaies. |
| 8 | Reçois instruction, Jérusalem, De peur que je ne m'éloigne de toi, Que je ne fasse de toi un désert, Un pays inhabité ! |
| 9 | Ainsi parle l'Éternel des armées : On grappillera comme une vigne les restes d'Israël. Portes-y de nouveau la main, Comme le vendangeur sur les ceps. |
| 10 | A qui m'adresser, et qui prendre à témoin pour qu'on écoute ? Voici, leur oreille est incirconcise, Et ils sont incapables d'être attentifs ; Voici, la parole de l'Éternel est pour eux un opprobre, Ils n'y trouvent aucun plaisir. |
| 11 | Je suis plein de la fureur de l'Éternel, je ne puis la contenir. Répands-la sur l'enfant dans la rue, Et sur les assemblées des jeunes gens. Car l'homme et la femme seront pris, Le vieillard et celui qui est chargé de jours. |
| 12 | Leurs maisons passeront à d'autres, Les champs et les femmes aussi, Quand j'étendrai ma main sur les habitants du pays, Dit l'Éternel. |
| 13 | Car depuis le plus petit jusqu'au plus grand, Tous sont avides de gain ; Depuis le prophète jusqu'au sacrificateur, Tous usent de tromperie. |
| 14 | Ils pansent à la légère la plaie de la fille de mon peuple : Paix ! paix ! disent-ils ; Et il n'y a point de paix ; |
| 15 | Ils seront confus, car ils commettent des abominations ; Ils ne rougissent pas, ils ne connaissent pas la honte ; C'est pourquoi ils tomberont avec ceux qui tombent, Ils seront renversés quand je les châtierai, Dit l'Éternel. |
| 16 | Ainsi parle l'Éternel : Placez-vous sur les chemins, regardez, Et demandez quels sont les anciens sentiers, Quelle est la bonne voie ; marchez-y, Et vous trouverez le repos de vos âmes ! Mais ils répondent : Nous n'y marcherons pas. |
| 17 | J'ai mis près de vous des sentinelles : Soyez attentifs au son de la trompette ! Mais ils répondent : Nous n'y serons pas attentifs. |
| 18 | C'est pourquoi écoutez, nations ! Sachez ce qui leur arrivera, assemblée des peuples ! |
| 19 | Écoute, terre ! Voici, je fais venir sur ce peuple le malheur, Fruit de ses pensées ; Car ils n'ont point été attentifs à mes paroles, Ils ont méprisé ma loi. |
| 20 | Qu'ai-je besoin de l'encens qui vient de Séba, Du roseau aromatique d'un pays lointain ? Vos holocaustes ne me plaisent point, Et vos sacrifices ne me sont point agréables. |
| 21 | C'est pourquoi ainsi parle l'Éternel : Voici, je mettrai devant ce peuple des pierres d'achoppement, Contre lesquelles se heurteront ensemble pères et fils, Voisins et amis, et ils périront. |
| 22 | Ainsi parle l'Éternel : Voici, un peuple vient du pays du septentrion, Une grande nation se lève des extrémités de la terre. |
| 23 | Ils portent l'arc et le javelot ; Ils sont cruels, sans miséricorde ; Leur voix mugit comme la mer ; Ils sont montés sur des chevaux, Prêts à combattre comme un seul homme, Contre toi, fille de Sion ! |
| 24 | Au bruit de leur approche, Nos mains s'affaiblissent, L'angoisse nous saisit, Comme la douleur d'une femme qui accouche. |
| 25 | Ne sortez pas dans les champs, N'allez pas sur les chemins ; Car là est le glaive de l'ennemi, Et l'épouvante règne à l'entour ! |
| 26 | Fille de mon peuple, couvre-toi d'un sac et roule-toi dans la cendre, Prends le deuil comme pour un fils unique, Verse des larmes, des larmes amères ! Car le dévastateur vient sur nous à l'improviste. |
| 27 | Je t'avais établi en observation parmi mon peuple, Comme une forteresse, Pour que tu connusses et sondasses leur voie. |
| 28 | Ils sont tous des rebelles, des calomniateurs, De l'airain et du fer ; Ils sont tous corrompus. |
| 29 | Le soufflet est brûlant, Le plomb est consumé par le feu ; C'est en vain qu'on épure, Les scories ne se détachent pas. |
| 30 | On les appelle de l'argent méprisable, Car l'Éternel les a rejetés. |