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Article d'information - A68 |
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Que doit-on penser de C.S. Lewis,
auteur de la série «Narnia» ?
C.S. Lewis était-il réellement fidèle à
«la foi transmise aux saints une fois pour toutes»,
comme le pensent la majorité des chrétiens ?
Un érudit du calibre de Lewis savait fort bien ce qu'étaient les ménades, ces "prostituées sacrées", ainsi que leurs rituels d'origine babylonienne baignant dans les orgies. Il connaissait aussi les textes bibliques : Dieu tient ces rituels pour une abomination et les dénonce dans le chapitre 8 du Livre d'Ezéchiel. Les ébats des ménades n'en deviennent pas moins, sous la plume de Lewis, des fêtes et des danses éblouissantes de beauté... et à ce qu'il semble, de pureté ! Les jeunes lecteurs ne peuvent que subir la séduction des mythes païens, et absorber sans y prendre garde une des idées-clés de l'auteur : mythologies et religions païennes seraient une "pédagogie divine", une préparation à la foi chrétienne. Selon l'expression employée par Lewis lui-même, les "Chroniques de Narnia" permettent à l'enfant de recevoir "un pré-baptême de l'imagination" (43).
Dans "L'armoire magique", le majestueux et puissant lion Aslan peut être pris, à première vue, pour une figure allégorique du Christ. Dans Apocalypse 5:5, Jésus-Christ porte le titre de "lion de la tribu de Juda". Mais la Parole de Dieu nous autorise-t-elle pour autant à nous faire une représentation de Lui sous la forme d'un lion ? Elle nous dit aussi dans Deutéronome 4:15-16 : "Puisque vous n'avez vu aucune figure le jour où l'Eternel vous parla du milieu du feu à Horeb, prenez bien garde à vos âmes, de peur que vous ne vous corrompiez et que vous ne fassiez une image taillée, une représentation de quelque effigie sur le modèle d'un homme ou d'une femme, sur le modèle de quelque bête qui soit sur la terre". Nous lisons aussi dans Romains 1:23-24 : "Se vantant d'être sages, ils sont devenus fous ; et ils ont remplacé la gloire du Dieu incorruptible par des images représentant l'homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles. C'est pourquoi Dieu les a livrés à l'impureté, selon les convoitises de leurs cœurs...".
Après avoir négocié avec la Sorcière Blanche, Aslan se laisse mettre à mort pour sauver un jeune traître puis il revient à la vie. Dans Le fauteuil d'argent on voit Aslan ressusciter le vieux roi Caspian au moyen d'une goutte de son propre sang (44). Lewis lui-même voyait dans son lion une figure de Christ : il le précise dans sa lettre du 24 décembre 1959 à une jeune écolière, Sophia Storr (45).
Fait significatif, Lewis était "absolument opposé" à ce que l'on fasse une adaptation cinématographique ou télévisuelle de ses "Chroniques de Narnia", ou une pièce de théâtre. Il voyait là un danger de blasphème (46).
Ces pages pleines de charme, au sens le plus fort et le plus pernicieux du mot, communiquent aux jeunes lecteurs une spiritualité anti-biblique. L'enfant apprend que les jeunes héros auxquels il s'identifie vont vaincre le mal du simple fait qu'ils sont fils et filles d'Adam, et sont solidaires, courageux, pleins d'intentions bonnes. Un castor doué de la parole, (et étonnamment versé dans les théories occultes sur Adam et son "épouse" Lilith) rappelle une ancienne prophétie, selon laquelle le règne de la Sorcière Blanche prendra fin quand quatre fils et filles d'Adam et Eve viendront aider Aslan à libérer Narnia. En effet, pour que Narnia soit sauvé, son dieu Aslan a besoin du secours de la postérité d'Adam.
Le rôle "salvateur" des fils et filles d'Adam est aussi un thème fondamental des romans pour adultes de Lewis. Le professeur Ransom, sur Mars (dans Le silence de la Terre), sur Vénus (dans Voyage à Vénus), ou sur terre (dans Cette hideuse puissance) est l'homme héroïque et "providentiel" qui vient à bout des sinistres projets des puissances des ténèbres. Un lecteur naïf risque de gober cette "théologie" s'il n'est pas fermement enraciné dans la Bible, qui proclame que Jésus-Christ seulement "a dépouillé les principautés et les pouvoirs, et les a publiquement livrés en spectacle, en triomphant d'eux par la croix" (Colossiens 2:15). La "théologie" des romans de Lewis n'est pas biblique, mais elle est parfaitement théosophique (est théosophique ce qui permet l'union avec le divin par l'illumination réservée aux seuls initiés).
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| - Dernière mise à jour le 24/05/2008 - |