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Article d'information - A68 |
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Que doit-on penser de C.S. Lewis,
auteur de la série «Narnia» ?
C.S. Lewis était-il réellement fidèle à
«la foi transmise aux saints une fois pour toutes»,
comme le pensent la majorité des chrétiens ?
D'une sensibilité extrême, le jeune Lewis aimait passionnément les mythologies celtiques, nordiques et gréco-latines. La beauté de la nature, de la littérature, des mythes, ou de la musique, lui procurait parfois des instants d'extase, où il se sentait comme transpercé : il appelle cela "the stab of Joy" (Le coup de poignard de la Joie). Il était épris des opéras de Wagner, comme en témoignent plusieurs chapitres de son autobiographie Surprised by Joy (Surpris par la Joie).
Vers l'âge de trente ans, Lewis adhéra à l'anglicanisme, mais son cœur resta fermement attaché aux mythes et aux divinités païennes, et à une vision païenne du monde. Dans L'Abolition de l'Homme, il ne cache pas son attirance pour le taoïsme. En surface, il y a quelques différences entre le monde de Lewis et celui de Tolkien. Mais en profondeur, leurs mondes respectifs sont de même nature, c'est-à-dire aussi païens l'un que l'autre. Tolkien et Lewis croyaient tous deux que l'imagination naturelle de l'homme, nourrie de mythes, permet de connaître les réalités de Dieu, et que c'est rendre un service spirituel à l'humanité que de créer de nouveaux mythes (38).
Dans une lettre à un ami d'enfance, Lewis écrit : "Dyson et Tolkien remarquèrent que si dans un conte Païen, je rencontrais la notion de sacrifice, cela ne me gênait aucunement (pour montrer son respect pour le paganisme, Lewis mettait une majuscule à "Païen" et à "Paganisme"). Là où un dieu s'offrait en sacrifice à lui-même, cela me plaisait beaucoup et me procurait une mystérieuse émotion ; l'idée du dieu qui mourait puis revenait à la vie (par exemple Baldur, Adonis ou Bacchus) me touchait, pourvu que ce soit dans un autre contexte que celui des Evangiles... Or l'histoire du Christ constitue simplement un mythe véridique, un mythe qui produit sur nous le même effet que les autres, mais à une importante différence près : il s'agit d'événements qui ont réellement eu lieu. Il faut se contenter d'accepter ce mythe de la même manière, en se rappelant que c'est le mythe de Dieu, alors que les autres sont les mythes des hommes. Je veux dire par là que dans les contes Païens, Dieu s'exprime au travers des esprits des poètes, et se sert des images qu'Il y trouve... Je suis sûr, à présent, qu'en un sens il faut aborder l'histoire chrétienne de la même manière que j'aborde les autres mythes" (39).
A son retour d'un voyage en Grèce en avril 1960, Lewis a écrit à son ami Chad Walsh qu'en visitant l'Attique avec son épouse Joy, ils avaient eu du mal autant l'un que l'autre "à ne pas revenir au Paganisme". Il écrit : "A Daphni ce fut dur de nous abstenir de prier Apollon le Thérapeute. Nous avions même le sentiment que si nous l'avions fait, cela n'aurait pas été une faute grave – nous aurions simplement invoqué le Christ sub specie Apollinis [sous les apparences d'Apollon]" (40). Selon Lewis, Apollon et le Seigneur Jésus-Christ ne feraient donc qu'un ! On pourrait écarter l'avertissement de l'Apôtre Paul qui dit de la part du Seigneur : "Mes bien-aimés, fuyez l'idolâtrie." Il n'y aurait aucun mal à "boire la coupe du Seigneur et la coupe des démons", à "avoir part à la table du Seigneur et à la table des démons" (1 Corinthiens 10:14 à 21) !
Cette même confusion spirituelle se retrouve dans The Problem of Pain (Le Problème de la Souffrance). Lewis écrit : "J'ai le plus profond respect pour les mythes Païens eux-mêmes, et à plus forte raison encore pour les mythes dans l'Ecriture Sainte" (41).
Narnia et sa mythologie
Les Chroniques de Narnia sont un monde magique, un monde imaginaire, peuplé de créatures mythiques. Quelques-unes sont méchantes et sont censées représenter le Malin, mais la plupart sont présentées de façon à les rendre fort sympathiques. On y rencontre souvent des animaux doués de la parole. Tous ces êtres pleins de charme, d'humour et de fantaisie deviennent les meilleurs amis des jeunes héros : faunes, centaures, ménades et autres créatures mythiques sont dépeints comme des compagnons délicieusement attirants (42).
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| - Dernière mise à jour le 20/08/2008 - |