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Que doit-on penser de C.S. Lewis, auteur de la série «Narnia» ?

C.S. Lewis était-il réellement fidèle à «la foi transmise aux saints une fois pour toutes», comme le pensent la majorité des chrétiens ?


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           C'est ainsi que Lewis présente la question de notre salut éternel. Nulle part il n'affirme pour son propre compte que le Seigneur Jésus-Christ s'est fait notre Substitut en mourant à notre place, et en expiant nos péchés à notre place sur la Croix. Par ailleurs, Lewis ne fait aucune distinction entre justification et sanctification. Là, une fois de plus, il fait sienne la position catholique. Pour cet œcuméniste confirmé, en matière de salut, l'essentiel était "de ne pas nous mettre à nous disputer avec d'autres sous prétexte que leur formule diffère de la nôtre" (29).

 

           Faut-il s'étonner de ce que les Catholiques et les Mormons tiennent Lewis en haute estime ? Faut-il s'étonner de ce que ses écrits occupent une large place dans le "Cours Alpha" ? (30).

 

 

Lewis et la prière

 

           Lewis estimait que la plupart du temps, la prière liturgique, personnelle ou collective, était de beaucoup préférable à la prière spontanée, qu'il n'appréciait guère (31). Dans Si Dieu écoutait, il écrit : "En tout cas, soyons francs. La prière est ennuyeuse... Quand on l'a dite, on se sent comme soulagé et 'en vacances' pour le reste de la journée. Nous commençons à contrecœur et nous sommes ravis d'avoir fini" (32). De tels propos peuvent-ils être ceux d'un chrétien né de nouveau, d'un chrétien qui est entré dans une relation vivante et personnelle avec son Sauveur ?

 

           Lewis interprétait selon la tradition catholique romaine le verset de Colossiens 1:24, "Je supplée dans ma chair à ce qui manque aux afflictions du Christ pour son corps qui est l'Eglise". Il écrit : "Je n'ai pas un seul mot à redire à cette doctrine... selon laquelle, lorsque nous acceptons volontairement nos souffrances pour le bénéfice des autres, et les offrons à Dieu en leur faveur, alors nos afflictions sont unies [à celles de Christ] et, en Lui, peuvent contribuer à leur rédemption, ou même à la rédemption d'autres âmes dont nous n'avons pas la moindre connaissance" (33).

 

           Un des biographes de Lewis, Brian Sibley, nous fait savoir qu'il alla plus loin encore, alors que son épouse Joy souffrait du cancer et d'une décalcification grave. Il pria pour obtenir la "grâce" de prendre dans son propre corps le mal dont souffrait sa femme. Peu après, il se mit à souffrir de douleurs vives et de décalcification, et crut à un exaucement divin (34). On comprend bien la peine d'un homme devant les souffrances de sa femme, mais faut-il voir là un modèle de foi biblique ?

 

 

Lewis et l'œcuménisme

 

           Lewis écrit également dans Mere Christianity, à la page 59 : "La vie de Christ nous est communiquée de trois façons : par le baptême, par ce que nous croyons, et par cet acte mystérieux auquel les chrétiens donnent des noms différents : la Sainte Communion, la Messe, ou encore la Sainte Cène." Nous n'aborderons pas ici la question du sacramentalisme chez Lewis ; remarquons seulement qu'il amalgame la Sainte Cène (au cours de laquelle nous rappelons avec reconnaissance le sacrifice salvateur de Jésus-Christ), et la Messe, qui pour le Catholique est un sacrifice propitiatoire de même nature que celui de Jésus au Calvaire, mais présenté à Dieu par le prêtre et les fidèles (35). Selon Lewis, il ne convient pas de s'arrêter sur de telles divergences. Comme pour la doctrine du salut, il ne voit là de problème que dans la mesure où on soulève des controverses entraînant des divisions (36).

 

 

Lewis et la tradition pagano-occulte

 

           Dès son enfance Lewis eut des contacts avec l'occultisme. Il avait treize ans quand son père l'envoya dans un pensionnat anglais, pensionnat qu'il appelle "Chartres" dans son autobiographie. Là, l'infirmière des élèves l'initia à la théosophie, au spiritisme, et à ce qu'il appelle "toute la tradition occulte anglo-américaine". "Elle ne se doutait pas, écrit Lewis, qu'en faisant cela elle avait apporté, pour ainsi dire, une chandelle allumée dans un local bourré d'explosifs... Cela m'a communiqué un penchant qui, depuis lors, m'a causé de temps en temps bien des difficultés : une soif de surnaturel, bref, une passion pour les choses occultes... C'est une convoitise spirituelle, et quand elle est présente, elle donne, autant que la convoitise physique, l'impression que tout le reste de l'existence est insipide" (37).

 

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- Dernière mise à jour le 20/08/2008 -



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