Rome et l'Union Européenne
.../...
Le traité établissant la nouvelle Constitution devra être approuvé par la Conférence Intergouvernementale en 2004. Sa portée est plus vaste que celle de tous les traités précédents. Derek Heathcote-Amory, qui représentait le Parti Conservateur à la Convention sur la Constitution, dit avec raison que ce traité "a une portée dépassant celle des traités de Maastricht, d'Amsterdam et de Nice réunis". La plupart des Britanniques n'ont pas vraiment compris les implications de ces changements énormes, de cet "abandon de mille ans d'histoire". Peu à peu, traité après traité, d'abord la CEE, puis la CE, ensuite l'Union Européenne ; les gens se sont tellement habitués à entendre parler de l'Europe que cela les ennuie à présent. Ils ont entendu beaucoup d'histoires effrayantes au sujet de Bruxelles, on leur a parlé de prétendus dangers menaçant leur indépendance et leur souveraineté, et tant d'eurosceptiques ont crié "Au loup !" Ils ont entendu ces choses-là toute leur vie, mais après tout, la Grande-Bretagne est la quatrième puissance économique du monde, et dans l'ensemble, ils ont prospéré. Mais le problème, c'est qu'à présent le loup est à la porte !
Que beaucoup de ceux qui sont attachés à l'idée d'une Grande-Bretagne indépendante et refusent de lâcher les libertés qui ont été préservées au prix de deux guerres mondiales, réfléchissent au problème que voici. Si le Parlement du Royaume-Uni approuve le mouvement vers la Constitution européenne, pour la première fois le Royaume-Uni adoptera ou acceptera une constitution entièrement écrite. Comment le Royaume-Uni peut-il adopter une constitution de cette nature, alors qu'il n'en a jamais eu auparavant ? La réponse semble simple : il faut que le peuple donne son consentement. Si toutefois le gouvernement travailliste fait ce qu'il veut, il n'y aura pas de référendum. Tony Blair, qui, paraît-il, aimerait bien avoir la bonne place de Président des "Etats-Unis d'Europe" a clairement dit qu'il n'y aurait pas de référendum. Il n'en veut pas, parce qu'il sait qu'il serait perdant. De plus, une campagne au sujet du référendum permettrait au peuple de prendre connaissance de ce qu'on propose et de ce qui s'est déjà déroulé. Le Premier Ministre était d'accord pour organiser un référendum sur la
monnaie unique avant d'accéder à ses fonctions en 1997, mais à l'heure actuelle, il hésite, car une fois de plus "les conditions ne sont pas favorables", c'est-à-dire qu'il sait qu'il perdrait.
Les symboles de la puissance européenne
La base principale du Parlement européen est à Strasbourg en France. C'est une ville qui symbolise le rêve de fusion franco-allemande qui était au cur du Saint Empire Romain de Charlemagne. En décembre 2000, l'Union Européenne inaugura son nouveau Parlement dans cette ville. La structure de l'édifice imite le tableau célèbre de l'artiste hollandais Pierre Breughel, "La Tour de Babel" (Figure 1).
Le tableau de Breughel montre une tour inachevée ; le Parlement de l'Union Européenne a pratiquement le même aspect. A l'extérieur du Parlement se trouve une statue de la déesse Europe chevauchant un taureau (Figure 2). Dans le dôme à l'intérieur il y a une peinture colossale : la Femme sur le dos de la Bête. Ce symbole de la femme chevauchant la bête figure aussi sur certaines pièces de deux euros (Figure 3).
Ces mêmes images figurent sur certains timbres postaux de l'Union Européenne, y compris sur le timbre britannique commémorant, en 1984, la deuxième élection au Parlement Européen. Puisque l'Union Européenne utilise cette symbolique en toute connaissance de cause, cela donne l'impression qu'elle veut rappeler son désir de gouverner en déployant toute la puissance dont elle disposera. La Bible révèle la femme montée sur la bête, dans le livre de l'Apocalypse, au chapitre 17. Depuis bien longtemps, les lecteurs qui croient en la Bible identifient cette femme à l'Eglise de Rome. Cette interprétation de la prophétie biblique a beaucoup contribué à galvaniser la Réforme. Seule la Rome papale est une ville établie sur sept collines, un système religieux dont les prélats sont parés « de pourpre et d'écarlate" et un état temporel avec lequel « les rois de la terre se sont livrés à la fornication ». Historiquement parlant, elle a les mains couvertes du sang de ceux qui croient en la Bible, et elle a été « ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus ». La Rome papale est le seul système religieux mondial qui se donne le nom de "Mère", et qui donne ce même nom à sa déesse vierge.
L'histoire aussi aide à interpréter les événements actuels
.../...