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Article d'information - A37 |
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La conversion apostolique : Apparence ou réalité ?
Combien de carrières apostoliques sont en jachère ici ce soir ? Combien de prophètes y a-t-il dans cette salle ? Combien d'évangélistes, de docteurs, de pasteurs ? Combien de femmes appelées à cet enfantement spirituel qu'est la prière d'intercession ? Combien d'appels divins en suspens, dans l'attente de cette question : "Seigneur, que veux-tu que je fasse ?" qui n'est pas encore parvenue aux oreilles de Dieu, n'a pas été prononcée devant lui sans l'ombre d'une réserve, par des gens qui ont déposé toutes leurs qualifications humaines ? Cette parole est l'expression de l'abandon total, de l'abandon apostolique. Et tant que le Seigneur ne l'a pas entendue, il ne vous dira pas ce que vous avez à faire. Qu'il y ait des œuvres à accomplir, c'est l'évidence même. Mais elles ne pourront être accomplies que dans la puissance que Dieu confère à ceux à qui Il peut confier de telles œuvres. L'Esprit est donné sans mesure à ces fils dont le but n'est plus de se satisfaire eux-mêmes, et qui désormais ne vivent plus pour eux-mêmes, mais qui puisent leur vie dans cette seule question : "Seigneur, que veux-tu que je fasse ?"
Vivre ainsi, c'est la vraie vie ! Tout ce qui reste en-deçà est privation. Tout ce qui reste en-deçà est au conditionnel, est d'ordre inférieur. En-deçà, on s'expose aux craintes, aux doutes, à l'instabilité, à tout ce qui rend infirme, entraîné dans le compromis, attirant l'attention sur nous. Nous ne connaissons la libération que lorsqu'enfin nous en venons à dire au Seigneur, du fond de notre être, que nous lui donnons ce qu'Il désire, que nous lui donnons ce qu'Il ne peut ni commander ni contraindre, cette réponse qui ne peut être donnée que sans réserve, en toute liberté, en toute gratuité. Tant que nous n'avons pas fait cela, nous aurons beau prendre le ton le plus pieux, nous ne L'avons pas encore reconnu comme Seigneur.
"Seigneur, que veux-tu que je fasse ?" Invariablement, je crois que cette question reçoit la même réponse, quoique celle-ci prenne des formes infiniment variées : "Je lui montrerai tout ce qu'il devra souffrir pour mon Nom." Il n'est guère étonnant que nous nous abstenions de poser la question ! Comme elle est juste, cette intuition qui nous fait pressentir que la réponse sera infailliblement celle-là. Mais, chers amis, au cas où vous ne le sauriez pas déjà, je vous dis qu'à toute souffrance découlant de l'obéissance au Seigneur s'attache une gloire ineffable, une récompense éternelle, et une joie qui demeure, même au milieu de la souffrance, de la détresse, de l'incompréhension humaine, et de l'opprobre provenant d'une obéissance impliquant des actes. Demandons-nous si depuis le début de notre marche chrétienne, à un moment ou à un autre, nous avons posé à Dieu cette question : "Seigneur, que veux-tu que je fasse ?" avec l'intention de lui obéir inconditionnellement, et pas simplement pour obtenir une réponse ponctuelle liée à la situation du moment, mais afin de vivre tout le reste de notre vie dans la lumière de cette question.
Il n'existera d'Eglise apostolique que lorsque cette question-là sera posée, et restera posée en permanence.
"Mais, direz-vous peut-être, tu n'as pas compris, Art. J'ai une profession ; je suis médecin, je ne suis pas un de ces "fous de Jésus", un cinglé du genre de Saul. Il n'avait pas grand-chose à perdre, lui. Mais moi, j'ai une famille et des responsabilités professionnelles." En fait, Saul était le plus brillant des disciples du Rabbin Gamaliel. Si jamais homme a jeté aux orties une carrière ecclésiastique en posant à Jésus cette question, compromettant ainsi un parcours qui lui aurait rapporté la gloire dans le monde de l'orthodoxie juive encore aujourd'hui, c'est bien Saul. Mais il a abandonné tout cela, en l'appelant "des balayures" le jour où il a posé la seule question juste qu'une créature, quelle qu'elle soit, puisse poser à Son Créateur : "Que veux-tu que je fasse ? Peu importent les retombées, peu importent les pertes : "Tu es Seigneur, et à moins que tu ne sois le Seigneur de cette question, tout ce que je pourrais avoir la présomption de dire en Ton Nom serait dérision, contrefaçon, exercice religieux qui dans le meilleur des cas n'atteint pas à la gloire de Dieu !"
Et retenez bien ceci : l'ironie de la situation est que si vous persévérez dans ce genre d'exercice, dans les derniers temps vous ne vous retrouverez pas parmi les persécutés, mais parmi les persécuteurs ! Des forces centrifuges sont constamment à l'œuvre et nous jettent soit dans l'une, soit dans l'autre de ces deux orbites : celle de l'apostolicité, ou bien celle de l'apostasie finale ! En effet, "l'amour du plus grand nombre se refroidira". Les derniers temps seront ceux de la grande apostasie, de la chute de beaucoup, de ceux qui ne seront pas parvenus à suivre le Seigneur partout où Il veut les conduire, et se seront laissés happer par le tourbillon de tout ce qui est inférieur à l'apostolicité. Pour eux, l'apostolicité devient une offense ; ils deviennent les ennemis et les persécuteurs des "apostoliques''. Telle sera la fin de ceux dont le moi prend plus de place que la Personne de Dieu.
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| - Dernière mise à jour le 20/08/2008 - |