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La conversion apostolique : Apparence ou réalité ?



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Comme je l'ai dit, le point de départ de la vie apostolique en conditionne dans une large mesure l'aboutissement. Chez beaucoup d'entre nous, il y a un dysfonctionnement ; nous ne marchons pas dans la plénitude, car il y a eu un manque au point de départ. Je pourrais disserter longuement sur les carences dans la prédication actuelle de l'Evangile, lequel devient une sorte de formule en vue de l'obtention du salut, plutôt qu'un enracinement dans la foi très sainte, comme ce que connurent les païens de Thessalonique, qui par la prédication apostolique de l'Evangile se détournèrent des idoles "pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils qu'il a ressuscité d'entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère à venir" (I Thessaloniciens 1:9-10). Ces paroles prouvent qu'ils entendirent une présentation bien plus complète, bien plus puissante de l'Evangile que la plupart d'entre nous ; aussi, dès le moment de leur conversion, leur vie manifesta-t-elle une qualité particulière, marque spécifique de leur église. Leur vie reflète leur commencement, comme notre vie reflète notre commencement.

 

Mais Dieu soit loué, car si un commencement défectueux, inadéquat, a affecté notre manière de marcher, Dieu a les moyens de nous faire prendre un nouveau départ. Je vois là une sorte de parallèle avec la "grande traversée" qu'Israël eut à faire avec Josué. Le nom "Jourdain" veut dire, littéralement, "descente dans la mort". Traverser le Jourdain, c'est laisser derrière soi ceux qui, pendant quarante ans, ont erré de-ci, de-là dans le désert religieux jonché des cadavres de ceux qui n'avaient pas le cœur entier d'un Caleb ou d'un Josué (Caleb signifie : "au cœur entier"). Sur toute une génération, deux hommes seulement connurent le privilège d'être accueillis dans le pays de la promesse et de participer à la prise de ce pays. C'est devant pareille croisée des chemins que nous nous tenons aujourd'hui. Il est temps de passer sur l'autre bord ; et la pensée qu'il était indispensable d'effectuer ce passage a pesé lourdement sur mon cœur pendant tout mon séjour auprès de vous ici, et pendant les jours précédents.

 

Saviez-vous que toute la maison d'Israël n'avait pas traversé le Jourdain, mais que les tribus de Gad, de Manassé et de Ruben avaient choisi de rester en-deçà ? Elles restèrent là parce que la terre était fertile, que l'herbe était drue, et qu'en bons éleveurs de bétail ils avaient vu là une source de profit immédiat. Ils refusèrent de courir le risque de la foi quant à ce qui se trouverait sur l'autre bord. Ils supplièrent Moïse et il exauça leurs supplications. Mais dès lors, ils ne jouèrent plus le moindre rôle dans l'histoire d'Israël. Un seul fait affligeant nous rappelle cette tribu de Gad : les Gadaréniens, dans le Nouveau Testament, étaient ces éleveurs de porcs qui allaient refuser d'accueillir un Libérateur dont les actions s'avéraient coûteuses pour leur chair. Ils aimaient mieux conserver leurs troupeaux qu'accueillir celui qui chassait les démons, précipitait les troupeaux dans la mer.

 

Quel commentaire que cet épisode, quant aux conséquences de ce refus de traverser : restés du mauvais côté, les Gadaréniens ont dépéri ! La raison, me semble-t-il, est invariablement la même : la satisfaction de notre chair. En-deçà du passage, nous sommes assurés du nécessaire pour nos "troupeaux", c'est-à-dire du nécessaire pour nos intérêts immédiats. Aujourd'hui comme alors, il est absolument nécessaire de passer d'un bord à l'autre, de peur que nos cadavres ne jonchent cette rive qui est en-deçà, ou que nous ne soyons la proie de cette affligeante dégénérescence qui affecta les tribus de Gad et de Manassé. Ils se fixèrent là, refusant de passer sur l'autre rive, au nom de leurs troupeaux. Nous venons de voir ce qu'était devenu le pays des Gadaréniens au temps de Jésus, des siècles plus tard. A l'heure actuelle, l'histoire n'a même pas retenu leur souvenir ; ils n'y ont contribué en rien.

 

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- Dernière mise à jour le 20/08/2008 -



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