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De la Tradition à la Vérité

Témoignage de Richard Peter Bennett


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J'ai continué à prier sur Philippiens 3:10 : "... Le connaître, Lui, ainsi que la puissance de Sa résurrection". Mais pour Le connaître mieux, je devais comprendre d'abord mon état de pécheur. J'ai vu dans la Bible (1 Tim : 2:5) que si mon rôle sacerdotal d'intermédiaire correspondait bien à la doctrine catholique romaine, il était parfaitement contraire à la doctrine biblique. J'aimais beaucoup être respecté, presque idolâtré. Je justifiais mon péché en me disant : "Après tout, si c'est ce qu'enseigne la plus grande Eglise au monde, qui suis-je pour le remettre en question ?" Cependant, mon conflit intérieur s'intensifiait. Je commençais à voir que c'était un péché de rendre un culte à la Vierge Marie, aux saints et aux prêtres. Et tout en acceptant de renoncer à invoquer la Vierge et les saints en tant que médiateurs, je n'arrivais pas à renoncer au sacerdoce, car j'y avais investi toute ma vie.

 

 

Les années de conflit intérieur

 

Marie, les saints et le sacerdoce n'étaient qu'une infime partie de l'immense combat auquel j'étais affronté. Qui donc était Seigneur de ma vie : Jésus Christ et sa Parole, ou bien l'Eglise de Rome ? Cette dernière question, surtout, a fait rage en moi au cours de mes six dernières années en tant que prêtre de paroisse à Sangre Grande (1979-85). L'idée que l'Eglise catholique romaine est l'autorité suprême en matière de morale et de foi m'avait été inculquée dès ma plus tendre enfance. Apparemment, personne ne pouvait rien changer à cela. Non seulement Rome était l'autorité suprême, mais encore fallait-il toujours l'appeler : "notre Sainte Mère". Comment pouvais-je m'élever contre elle, tout en dispensant ses sacrements, moi qui devais être le garant de la fidélité de tout un peuple ?

 

En 1981, lors d'une session de renouveau spirituel dans une paroisse de la Nouvelle Orléans, je suis allé jusqu'à renouveler ma consécration au service de l'Eglise catholique romaine. Pourtant, lorsque je suis retourné à La Trinité et que je me suis retrouvé face aux vrais problèmes de l'existence, je suis revenu vers l'autorité de la Parole de Dieu. La tension grandissait au-dedans de moi, en sorte que tantôt c'était l'Eglise romaine qui était pour moi l'autorité absolue, et tantôt c'était la Bible. Mon estomac m'a bien fait souffrir pendant ces années-là ; mes émotions étaient le reflet de ce conflit. J'aurais dû savoir qu'on ne peut servir deux maîtres à la fois, et que j'étais tenu, en tant que prêtre catholique, de placer l'autorité absolue de la Parole de Dieu plus bas que l'autorité suprême de l'Eglise de Rome.

 

Cette contradiction se retrouve dans ce que j'ai fait des quatre statues de l'église de Sangre Grande. J'ai enlevé et détruit les statues de St. François et de St Martin, du fait que le deuxième commandement de la loi de Dieu déclare dans Exode 20.4 : "Tu ne te feras pas de statue". Mais lorsque certaines personnes ont refusé d'abandonner les statues du Sacré-cœur et de la Vierge Marie, je les ai laissées en place à cause de l'autorité supérieure de l'Eglise catholique romaine, dont la loi, dans le Canon 1188, déclare : "La pratique consistant à montrer des images sacrées dans l'église pour la vénération des fidèles doit se perpétuer." Je ne voyais pas que c'était là une tentative de soumettre la Parole de Dieu à celle des hommes.

 

Des chrétiens venus de l'autre côté de l'océan assistaient à la messe ; ils voyaient notre saint chrême, l'eau bénite, nos médailles, nos statues, nos vêtements sacerdotaux, nos rituels, et trouvaient que tout allait très bien ! Le style captivant de l'Eglise catholique, ses symboles, sa musique, son sens esthétique avaient quelque chose de fascinant. Le parfum de l'encens ne se borne pas à enchanter notre sens olfactif : il immerge la pensée dans un profond sentiment de mystère.

 

 

Le tournant

 

Un jour, une femme m'a interpellé. Elle est la seule personne à m'avoir interpellé pendant mes 22 ans de sacerdoce. "Vous autres catholiques romains, vous avez la forme extérieure de la piété, mais vous n'en avez pas la puissance", me dit-elle. Ces paroles m'ont troublé pendant assez longtemps, parce que j'aimais les cierges, les bannières, la musique folklorique, les guitares et les percussions. Aucun prêtre à La Trinité n'avait de vêtements liturgiques ni de bannières plus rutilants que les miens. C'était bien évident : je ne mettais pas en pratique les versets que j'avais sous les yeux.

 

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- Dernière mise à jour le 24/05/2008 -



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